06 - 24 h de la vie d'une femme

24 heures de la vie d'une femme, 18 avril 2020

Stefan Zweig, né le 28 novembre 1881 à Vienne en Autriche-Hongrie et mort le 22 février 1942 (suicidé avec sa femme) à Petrópolis au Brésil, est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien. Ami de Sigmund Freud, Arthur Schnitzler, Romain Rolland, Richard Strauss, Émile Verhaeren, Stefan Zweig a fait partie de l'intelligentsia juive viennoise, avant de quitter son pays natal en 1934, à cinquante-trois ans, en raison de la montée du nazisme. Réfugié à Londres, il y poursuit une œuvre littéraire, de biographe (Joseph Fouché, Marie Antoinette, Marie Stuart) mais surtout d'auteur de romans et nouvelles : Amok, La Pitié dangereuse, La Confusion des sentiments, Le Joueur d'échecs. Dans son livre testament, Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen, Zweig se fait chroniqueur de cet « âge d'or » de l'Europe, et analyse ce qu'il considère comme l'échec d'une civilisation.

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme (Vierundzwanzig Stunden aus dem Leben einer Frau) est le titre d'une nouvelle de l'écrivain autrichien Stefan Zweig, publiée pour la première fois en 1927 dans le recueil : La Confusion des sentiments (Verwirrung der Gefühle).

Le sujet : Scandale dans une pension de famille "comme il faut," sur la Côte d'Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d'un de ses clients, s'est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée... Seul le narrateur tente de comprendre cette "créature sans moralité", avec l'aide inattendue d'une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimé chez la fugitive. Ce récit d'une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l'auteur d'"Amok" et du "Joueur d'échecs" est une de ses plus incontestables réussites. C’est aussi une nouvelle sur la passion du jeu, son addiction. Extraordinaire description des mains du joueur que je vous laisse découvrir ci-dessous. Vingt quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig, à télécharger sur

https://beq.ebooksgratuits.com/classiques/index.htmJe signale que sur ce site de la Bibliothèque numérique du Quebec, vous avez un très grand choix d’œuvres littéraire à télécharger très simplement sur votre PC, votre tablette ou votre liseuse. Ne vous en privez-pas

Proposition A - Les mains

Lecture extrait : "C’étaient des mains d’une beauté très rare, extraordinairement longues, extraordinairement minces, et pourtant traversées de muscles très rigides – des mains très blanches, avec, au bout, des ongles pâles, nacrés et délicatement arrondis.

Eh bien, je les ai regardées toute la soirée – oui, regardées avec une surprise toujours renouvelée, ces mains extraordinaires, vraiment uniques –, mais ce qui d’abord me surprit d’une manière si terrifiante, c’était leur fièvre, leur expression follement passionnée, cette façon convulsive de s’étreindre et de lutter entre elles. Ici, je le compris tout de suite, c’était un homme débordant de force qui concentrait toute sa passion dans les extrémités de ses doigts, pour qu’elle ne fît pas exploser son être tout entier. Et maintenant..., à la seconde où la boule tomba dans le trou avec un bruit sec et mat, et où le croupier cria le numéro... à cette seconde les deux mains se séparèrent soudain l’une de l’autre, comme deux animaux frappés à mort par une même balle.

Elles retombèrent toutes les deux, véritablement mortes et non pas seulement épuisées ; elles retombèrent avec une expression si accusée d’abattement et de désillusion, comme foudroyées et à bout de course, que mes paroles sont impuissantes à le décrire. Car jamais auparavant et jamais plus depuis lors, je n’ai vu des mains si éloquentes, où chaque muscle était comme une bouche et où la passion s’exprimait, tangible, presque par tous les pores." (…)

A - Proposition (Imaginaire ou mémoire) – Décrivez à la manière de Zweig : « les mains » d’un joueur, d’un ouvrier (e, d’un homme ou d’une femme en train de les utiliser pour un tache précise. L’important c’est de ne décrire que les mains et de rendre le caractère du personnage sensible, de le « voir » en quelque sorte, au travers de l’utilisation qu’il fait de ses mains. La contrainte : L’exercice n’est pas si simple. Il faut se plier rigoureusement à la description exclusive des mains. (1000 mots maxi)

Proposition B Les 24 h d’Alice

Lecture extrait : « Je déclarai que cette négation du fait incontestable qu’une femme, à maintes heures de sa vie, peut-être livrée à des puissances mystérieuses plus fortes que sa volonté et que son intelligence, dissimulait seulement la peur de notre propre instinct, la peur du démonisme de notre nature et que beaucoup de personnes semblait prendre plaisir à se croire plus fortes, plus morales et plus pures que les gens « faciles à séduire ». (…)

-Vous croyez donc, qu'une femme peut sans l'avoir voulu, être précipitée dans une aventure soudaine? Qu'il y a des actes qu'une telle femme aurait elle-même tenus pour impossible une heure auparavant et dont elle ne saurait être rendue responsable ?

-Je le crois, absolument, Madame.

-Ainsi donc tout jugement moral serait complètement sans valeur, et toute violation des lois de l'éthique, justifiée. (…)

- Je vous répète, Madame, fis-je en persistant, que je me refuse à prononcer un jugement ou une condamnation sur un cas pareil. (...) Autant que je la connaisse, elle ne me paraît qu'une femme faible et ordinaire, pour qui j'ai un peu de respect parce qu'elle a courageusement suivi sa volonté, mais pour qui j'ai encore plus de compassion parce qu'à coup sûr, demain, si ce n'est pas déjà aujourd'hui, elle sera profondément malheureuse. (…)

J'ai personnellement plus de plaisir à comprendre les hommes qu'à les juger. (…)

B – Proposition Les 24 heures d’Alice (imaginaire)

Après avoir lu ces extraits , je vous propose de travailler tous et toutes sur un même personnage en racontant l’aventure d’une certaine Alice.

Les contraintes : première contrainte : les circonstances, le lieu, le temps : - Elle s’appellerait donc Alice, elle a trente-huit ans, un compagnon depuis trois ans, Thomas 40 ans. En ce jour de mai 2019, ils sont invités pour un barbecue chez des amis à la campagne. Ils sont nombreux, Il fait beau, au café, prétextant un message sur son portable, Alice va s’éloigner dans le jardin pour soi-disant téléphoner. Quelques instants plus tard, elle disparaît au volant de sa voiture.

Deuxième contrainte : Vous êtes le narrateur ou la narratrice. Vous avez assisté à la scène ou vous connaissez bien le personnage d’Alice. Vous êtes son amie d’enfance, ou son frère, ou un cousin, cousine, ou son collègue, ou son médecin, sa psy, ou autre. Vous décrivez la scène telle que vous l’avez vue ou telle qu’on vous l’a racontée et Alice telle qu’elle est, son physique, son métier, sa vie. Vous nous donnez vos impressions.

Grace à ce que vous savez d’Alice, vous tentez d’imaginer où elle est, quelles sont les raisons qui l’ont poussée à partir. Vous cherchez loin dans son passé ou plus récemment dans sa vie professionnelle, familiale, amoureuse ou amicale. Vous chercher à la comprendre et à savoir où elle en est et vous finissez par la retrouver ou par avoir de ses nouvelles. Vous nous décrivez chaque étape de ces vingt quatre heures avec précision, empathie, psychologie. Y compris lors des flash backs (enfance d’Alice ou jeunesse etc) Tout ce qui n’est pas précisé, (origine, histoire, passé d’Alice ou dénouement) vous pouvez l’inventer à votre guise. 1500 mots maxi

Le but : comparer : « les différentes Alice que vous allez créer dans cet atelier… »

Je vous invite à m’envoyer votre texte avant le vendredi 24 au soir.