6B - Bruno - Toujours est-il...

- Avancez-vous Madame Lavanne et parlez bien dans le micro. Nous vous écoutons.

- Eh bien voilà je connais Alice depuis que je suis toute petite on a grandi ensemble on était du même quartier vous comprenez alors forcément ça crée des liens et puis la vie nous a séparées elle venait d’avoir 22 ans elle avait rencontré quelqu’un qui lui promettait des bronzes et merveilles et elle l’avait suivi dans le sud vers Toulouse ou Narbonne je ne sais plus et moi je suis restée ici et puis elle était revenue quelques années plus tard dans un état fallait voir ça la pauvre c’était plus mon Alice c’était une autre personne abîmée qu’elle était et je parle pas seulement de son physique mais aussi question mental faut dire qu’Alice elle a toujours été naïve elle croyait au prince charmant et à chaque fois elle déchantait parce que le monsieur n’était pas ce qu’elle croyait il a fallu lui faire remonter la pente elle est restée chez nous le temps de se refaire un peu elle a trouvé un travail comme coiffeuse en région parisienne et on s’est reperdues de vue et puis voilà qu’un beau jour elle m’appelle c’était le 11 mai de l’année dernière un samedi je m’en souviens bien parce que mon mari me dit comme ça qu’il part au café pour les courses il faut dire que mon mari joue au tiercé tous les samedis c’est pour ça que je sais que c’était un samedi quand tout à coup le téléphone sonne et c’était Alice que j’avais pas revue depuis au moins 10 ans si c’est pas plus à l’époque elle tenait le salon de coiffure qu’elle avait repris après le décès de sa patronne une femme bien courageuse qui avait perdu son époux dans un accident de la circulation un premier avril même qu’alors on avait toutes cru à une mauvaise blague mais en fait c’était bien vrai elle a eu du mal à s’en remettre la pauvre même qu’elle s’en était jamais vraiment remise je crois bien enfin toujours est-il qu’Alice m’appelle je décroche et elle me dit comme ça que son compagnon le fameux Thomas manigance quelque chose parce qu’elle l’a surpris le jour même au téléphone avec quelqu’un à qui il disait qu’il était plus que temps d’agir et qu’il fallait faire au plus vite sans laisser de traces et que ça devrait se faire là où ils avaient décidé et pas ailleurs et elle finit par me dire qu’elle a peur de lui sans me dire pourquoi moi je sais pas quoi dire à ce moment là je lui propose de passer à la maison mais elle refuse soi-disant parce qu’elle ne voulait pas dépendre une fois de plus de quelqu’un et qu’il fallait qu’elle assume ses choix elle disait ça comme si elle avait tué quelqu’un enfin la pauvre si elle avait su à ce moment là enfin toujours est-il que j’insiste un peu et elle accepte de venir me voir après être repassée chez elle elle en avait pour à peu près une heure de route d’après ce qu’elle m’avait dit ils étaient tous les deux chez des amis pour un barbecue dans la région de Mortagne une heure se passe puis deux puis trois toujours pas d’Alice je me dis d’abord qu’elle a changé d’avis et puis il me revient en tête ce qu’elle avait dit sur Thomas qu’il lui faisait peur et tout ça moi au départ j’avais pas fait le rapprochement avec Thomas Poeldife le présentateur vedette c’est quand elle m’a dit qu’il devenait fou à cause des gens de la télé qui voulaient arrêter son émission que j’ai compris que c’était lui moi je regardais pas son émission montrer des enfants de 6-8 ans qui imitent les adultes moi je trouve ça malsain et puis surtout ce Thomas là j’aime pas le regard qu’il a quand il fait habiller ces mômes avec des tenues plus que louches enfin tous les goûts sont dans la nature comme on dit mais le soir venu toujours pas d’Alice et comme je n’avais pas noté son numéro je n’ai pas pu la rappeler sinon vous pensez bien je l’aurais fait et tout ça ne serait peut-être pas arrivé enfin toujours est-il que quatre jours plus tard c’était un mercredi j’en suis sûre puisque c’est le jour où le petit du troisième vient chez sa grand-mère on apprend le soir à la télé que le PDG de la chaîne a été retrouvé mort au domicile d’Alice ça nous a fait un choc à mon mari et moi parce qu’on l’aimait bien cet homme là dans le temps quand il avait encore tous ses cheveux c’était un journaliste un vrai un qui va sur le terrain qui fait des enquêtes pour faire éclater la vérité pas un de ceux qui se la coulent douce enfin je dis ça j’ai rien contre les journalistes de maintenant mais lui c’était quelqu’un enfin toujours est-il que la photo du suspect montré à la télé c’était Alice alors là je me tourne vers mon mari et je lui dis comme ça tu vas voir qu’ils vont tout lui mettre sur le dos comme d’habitude même que mon mari était d’accord avec moi alors que je savais bien dans mon effort intérieur qu’Alice est incapable de faire une chose pareille d’autant plus que les chauves elle a jamais aimé ça alors et puis je la connais bien elle a un bon fond mais elle se laisse faire par les hommes et après elle s’en mord les doigts jusqu’aux omoplates et puis surtout ce Thomas là moi je le sens pas voilà c’est tout ce que j’avais à dire.

- La Cour vous remercie Madame Lavanne.