08 - Le confinement

Le confinement, 3 mai 2020

Depuis le début de cet atelier, nous n’en n’avons pas parlé. C’était pour moi le sujet à éviter comme si tout l’intérêt de l’atelier était justement de vous en distraire en vous invitant à un autre voyage, à la découverte de votre enfance ou des recoins de votre imagination… Mais une réflexion de Pascale suivie de l’arrivée de quelques « nouveaux » m’a donné envie de vous proposer ce sujet : le confinement… Pour l’illustrer, j’ai choisi ce roman de Jean-Marie Le Clezio paru en 1995 et que vous pouvez, si vous le souhaitez, vous procurer à la FNAC par correspondance (poche) faute de librairies ouverte.

(Poche papier FNAC : https://livre.fnac.com/a9825/Jean-Marie-Gustave-Le-Clezio-La-Quarantaine

Jean-Marie Gustave Le Clézio, "La Quarantaine" (1995)

le temps suspendu

Fin XIXe siècle, à bord de l’Ava pour rentrer chez eux, Léon et son frère Jacques voguent vers l’île Maurice. Après une escale imprévue à Zanzibar, deux des passagers de leur embarquement révèlent des symptômes de variole. Tous sont contraints de débarquer sur l’île Plate, havre volcanique de l’Océan Indien, où ils devront rester en quarantaine pour une durée indéterminée. Inspiré par un événement de la vie de son grand-père, Le Clézio rapporte dans La Quarantaine l’expérience de l’isolement forcé, sur une île où la colonisation sépare les Européens des "coolies", ces immigrés indiens engagés pour travailler dans les colonies. Le Clézio s'attache moins à décrire la maladie que l'imaginaire stimulé par l'exil en nous-mêmes. Léon, le narrateur nous raconte dans un phrasé intime comment il s’imprègne de la nature rugissante de l’île. Il transgresse l’enfermement mental de la quarantaine.La lune éclaire le sable et la lagune. Le vent a lavé le ciel noir. Il fait presque froid. Je marche pieds nus sur mon sentier, sans faire de bruit. (…) J’ai le cœur qui bat comme un collégien qui a fait le mur. Tandis que j’attendais que tout le monde soit endormi, j’écoutais les coups de mon cœur, il me semblait qu’ils résonnaient dans tout le bâtiment de la Quarantaine, jusque dans le sol, qu’ils se mêlaient à la vibration régulière qui marque le passage du temps. Depuis le débarquement, ma montre s’est arrêtée. (…) Maintenant, j’ai une autre mesure du temps, qui est le va-et-vient des marées, le passage des oiseaux, les changements dans le ciel et dans la lagune, les battements de mon cœur. (…)

Il s’est passé tant de choses, tant de choses se sont défaites et recomposées autrement, nos sentiments, nos idées, jusqu’à la façon que nous avions de regarder, de parler, de marcher et de dormir. Quelques-uns sont morts, d’autres ont perdu la raison. Nous ne serons jamais plus les mêmes. (…)

J. M. G. Le Clézio, La Quarantaine Gallimard 1995

Voici les propositions, prenez-les comme des pistes, des possibilités et non des contraintes.


Proposition A (réel – autobiographie)

Le confinement chez vous, là où vous êtes. Faites-nous partager votre décor, le lieu où vous vivez : région, ville ou campagne, la manière dont vous vous êtes organisé (e) pour vivre ces semaines mais aussi vos états d’âmes, vos réflexions, ce qui a changé pour vous. Ça peut être simplement une nouvelle façon de regarder ce décor que vous connaissez pourtant bien. C’est l’occasion de parler de vous, de vos sentiments de vos impressions.

La contrainte : la sincérité ! Pour l’intérêt de votre texte, il est souhaitable que vous écriviez à la première personne. 1000 à 1300 mots maximum si possible

Proposition B (Imaginaire)

Lors d’un de ces semaines de confinement vous (ou votre héros ou héroïne) a entrepris des rangements : Hauts d’une armoire dans un appartement, grenier, ou encore cave de la maison de famille occupée pour l’occasion à la campagne.

Vous découvrez une caisse malle, un objet quelconque ou des lettres des photos qui vont être l’occasion d’une révélation. Douloureuse, drôle, inquiétante ou réconfortante ce sera à vous de choisir, de nous faire partager cette découverte et ses conséquences sur votre vie ou vos sentiments.

Vous pouvez être ou non le narrateur de votre histoire, la situer dans la période de confinement actuelle ou dans un autre contexte similaire (la grande peste, une guerre, un exil…)

Une seule contrainte : libérez votre imagination et votre plume, soyez passionnant, étonnant… 1000 à 1300 mots maximum si possible.

Merci de m’envoyer vos propositions pour le jeudi 7 mai 2020 après le confinement risque d’être modifié pour certains d’entre nous.

Commentaires:

Merci pour tous vos commentaires ! C'est vraiment important pour chacun des auteurs, auteures, aussi je le redis pour ceux ou celles qui ont des difficultés à se connecter : Vous êtes tous inscrits sur le site, vous avez accès à ces commentaires mais avant d'accéder à la page du site :

1 - vérifiez que vous êtes bien sur google avec le compte gmail que vous m'avez envoyé pour votre enregistrement (en haut à droite de la page google)

2 - Si ça ne fonctionne pas, "rafraîchir" "relancer" "actualiser" votre navigateur (ou effacer ou purger le cache du navigateur) à chercher sur internet.

Je vous souhaite un très bon dimanche, amicalement

Sybille