09A-Pascale G - Les boutons d'une jeune fille en fleur

Les boutons d’une jeune fille en fleur.

Souviens-toi Pascale (encore prénommée Micheline à cette époque), à 14 ans, tu étais une chrysalide de jeune fille en fleur en pleine adolescence. Un questionnement sur toi-même, dû à la transformation de ton corps et de ton mental, devait sûrement faire partie de tes préoccupations majeures. Tu n’étais pas encore très coquette, quoique tu aimes t’enfermer dans le cabinet de toilette pour essayer les produits de beauté de ta grande sœur !

Mais quelle ne fut pas ta stupéfaction lorsqu’un beau matin tu découvris sur tout ton corps et ton visage des boutons ; ils devinrent rapidement des pustules épouvantables occasionnant des démangeaisons insupportables. Tu avais de la fièvre. Le médecin fut consulté et son diagnostic fut irréfutable : forte varicelle variolée très contagieuse. Il en résultait : ne pas sortir, du repos, aucun contact avec quiconque, bref un premier confinement pendant 15 jours, et, surtout ne pas se gratter afin d’éviter des cicatrices indélébiles.

Tu étais catastrophée, ma pauvre enfant. Ces pustules avaient la grosseur d’un petit pois marron et vert clair. Tu devenais repoussante avec ta peau de panthère tachée de brun. Aucun remède n’existait, il fallait simplement attendre que ce soit terminé. Tu lisais et dormais beaucoup. Seule, ta Maman t’approchait, elle était aux petits soins. Ta sœur, n’ayant pas eu cette maladie, restait cloîtrée au fond de l’appartement. Ton père venait prendre de tes nouvelles de loin. Tu avais l’impression d’être une pestiférée. Tu n’osais plus te regarder dans la glace tellement ton image était abimée et ton moral était au plus bas avec une fatigue extrême. Tu pensais que tu serais défigurée pour le reste de ton existence.

Peu à peu les pustules séchèrent, et tu ne pouvais pas t’empêcher, au grand dam de ta mère, de les arracher minutieusement. Tant pis pour les cicatrices, tu n’as jamais pu supporter la moindre croûte sans l’enlever. Alors là, tu étais à ton affaire ! Celles du dos étaient plus difficiles à atteindre, mais partout ailleurs, tu t’en donnais à cœur joie. Effectivement, des traces sont restées, genre petits cratères roses sans relief. Pendant longtemps, avec le soleil, elles devenaient blanches, ta peau souffrant de dépigmentation. Ton état général était très affaibli.

Comme les vacances de février approchaient, ta Maman eut la bonne idée de t’emmener passer une semaine à Saint-Gervais. Ce fut un séjour de grand bonheur pour vous deux. Tu avais ta Maman pour toi toute seule avec sa gentillesse et son amour infini. Vous faisiez de grandes promenades dans la neige. Il faisait beau temps et tu respirais un air pur et léger. Tu pleurais de joie tellement tu étais heureuse, te souviens-tu Pascale ?

Pascale G.