09B- Véronique M -Sur les routes

C’est un chemin de traverse, comme je les aime, avec des échappées hors mes chaussons ; dès j’ai pu choisir librement mes envies « d’ailleurs » , la France a été un terrain d’exploration idéal; aimant le soleil, mes pas m’ont d’abord entraîné vers le Sud de la France, les plages de Sainte Maxime, les Issambres, Saint Tropez et son petit rosé Sainte Marguerite, les randonnées aux aurores pour éviter le soleil de plomb des contreforts de l’Hérault, dans le cirque de Mourèze; la découverte des céramiques fines des artistes de Moustiers Sainte Marie ; la place de Saint Guilhem le désert et son arbre centenaire, le Luberon où Gordes se perche sur des hauteurs improbables, où Roussillon éclabousse la terre de sa déclinaison d’ocre et de rouge ; les contreforts de la Provence avec chênes truffiers et champs de lavande , le festival d’Avignon et ses chefs d’oeuvres au palais des papes ; l'Aveyron et ses abricots qui font crouler le branches en Juin ; les Pyrénées tellement changeants entre la Mongie et ses sommets enneigés jusqu’à Céret, ses cerises et son musée Picasso cachant des merveilles, encadré par la place où des bistrotiers servent pastis et collations à l’ombre des platanes; la Lozère au climat si extrême, glacial l’hiver, desséché l’été ; le Jura et ses sapins, l’été en randonnées, l’hiver à ski, raquettes ou skis de fond sur les petites pentes enneigées sans oublier le vin jaune dégusté le soir tombant; la vallée des vins d’Alsace, de Munster à Ribauvillé, les caves de Tokay, de Sylvaner, de Pinot, de Gewurstraminer, de Riesling ; la Bourgogne où les vignes pour décor, Gevrey-Chambertin, Puligny-Montrachet, Chablis, Pommard, Meursault, Vosne-Romanée, Nuits-Saint-Georges ; le Massif Central, si peu peuplé avec l’Aubrac et son froid sibérien en hiver, Laguiole et ses couteaux ; le Loiret et ses paysages tranquilles ; Tignes en Juillet où le ski d’été se pratique le matin pour retrouver ses montagnes ensoleillées l’après-midi; Evian et la beauté du lac Léman ; les cabines de Trouville voisinant avec le luxe indécent de Deauville et ses planches ; la Bretagne où Guérande découvre ses marais salants, la Baule et sa plage en arc de cercle semblant ne jamais devoir finir, Lorient où le soleil peut briller jusqu’à 11h du soir, le Morbihan et sa fôret de Brocéliande qui promet fées et diablotins ; au revoir le terroir français, je m’envole en Egypte pour baigner dans le Caire beau et sale à la fois, avec, en prime, les merveilles de la vallée des rois ; prendre le bateau qui mène au musée d’ Assouan, sublime de beauté ; l’île Maurice où cohabitent tant d’ethnies différentes, qui enseignent, malgré une indigence effarante, ce que sourire à la vie veut dire ; le Sénégal, choquant de pauvreté inventive ; la Guadeloupe et la Martinique, où triomphent la nonchalance et la résignation ; l’Espagne et ses richesses du Sud, Séville en tête et les villes blanches qui l’entourent ; les Canaries où l’hiver ressemblent à l’été et où, fièrement, le volcan du Teïde reste toujours enneigé ; le Portugal, Porto et ses caves, au Sud, l'Algarve et ses villages typiques ; le Danube qui ondule et conduit de Budapest à Vienne en passant par Bratislava ; la Tunisie du Sud où Tataouine sonne à mon oreille comme un conte d’antan; Djerba et ses souks ; Marrakech et sa place Jemaa el-Fna ; Saint Petersbourg, Stalingrad ou Leningrad, au choix, suivant les époques, Moscou et sa place rouge, la descente du fleuve Amour sur des bateaux exotiques ; tous ces voyages, je les ramène dans mon antre parisien ; tant de beauté et de diversité m’aide à vivre mon quotidien, agréable, je dois l’avouer, mais qui au bout d’un temps, me donne envie de repartir ; en attendant, j’entasse des livres, des souvenirs dont je hume les parfums en fermant les yeux.

VERONIQUE MENEGHINI 29 MAI 2020