11 - Il faut qu'on parle !

Mardi 2 juin 2020

Chers tous,

A partir d'aujourd'hui, les propositions se feront en ligne et je souhaite également que vous fassiez vos commentaires ci-dessous, ils peuvent être utiles à d'autres.

Cette semaine j’ai choisi de vous faire travailler le dialogue avec un thème particulier : "La scène de ménage, la rupture" qui pourra être traité de plusieurs manières au goût de chacun ou de chacune. Pour commencer quelques petits conseils pour l’écriture d’un dialogue : Avant de rédiger, imaginez votre scène de dialogue comme si vous y étiez, plantez le décor, les circonstances, mettez en scène vos personnages. Alterner les descriptions narratives et les échanges. Eviter les incises inutiles (dit-il, répondit-elle etc…) Ouvrir la scène de dialogue par des guillemets puis aller à la ligne avec un tiret – à chaque échange. Le thème ; La scène de rupture d’un couple avec ses ingrédients de base : la jalousie, le soupçon, l’ennui, le mensonge, le doute, l’aigreur, l’insatisfaction ou l’usure du quotidien...

Qu’on soit un couple de retraités dans les années 60 ou jeunes parents dans l’Amérique actuelle, les mots diffèrent mais le déchirement est le même et le combat sans merci. Des mots pour se faire mal et prendre l’avantage mais le perdant quelque soit son esprit de répartie ou son humour, est toujours celui qui aime encore…

Deux exemples de scène conjugales bien différentes : Pour commencer la célèbre scène du chat de Georges Simenon (écrivain belge francophone né à Liège en Belgique le 13 février 1903 et mort à Lausanne en Suisse le 4 septembre 1989) (Célèbre scène du film éponyme avec Jean Gabin et Simone Signoret)

1 - Le Chat : Marguerite et Émile forment un couple âgé, ils se sont rencontrés sur le tard et rien ne les rassemble si ce n'est la solitude et la rancoeur. Tous les deux veufs et sans enfants, ils ont choisi d'unir leur vie à une époque où on ne plaisante pas avec le mariage. Lui est un ancien maçon qui coulait des jours paisibles avec son chat, mais hanté par la mort de sa mère et de sa femme. Elle est une bourgeoise faussement fragile, propriétaire de sa maison et de la moitié de la rue qu'elle refuse de vendre aux promoteurs qui sont en train de détruire le quartier…pour y bâtir des immeubles modernes. Elle a pour compagnon un perroquet en cage… Un homme simple, qui aime les plaisirs simples face à une femme frustrée dans un univers clos, réduit à une maison menacée et quelques courses. Le chat libre et insolent narguait le perroquet au plumage éclatant mais prisonnier…

« - Tu vas me dire pourquoi ça t’a pris un jour de ne plus me regarder que comme un objet, de me préférer un chat trouvé dans la rue. Qu’est-ce qui s’est passé ?

- Il ne s’est rien passé ! J’ai changé et c’est tout, voilà !

- Pourquoi tu as changé ? Tu as changé de quoi ?

- J’ai changé comme le monde entier a changé !

- Qu’est-ce que j’ai fait de mal ?

- Rien, tu as été parfaite, et moi j’ai été dégueulasse, dégueulasse comme tous les hommes. Je n’ai rien à te reprocher mais je ne peux plus te voir devant moi ! Je t’avais dit que je t’aimerais toujours. Et bien, je me suis gouré, j’ai vieilli, je ne t’aime plus !

- Mais moi si !

- Oh, je t’en prie, ne sois pas grotesque, pas à notre âge ! Maintenant, le temps nous a séparés et dis-toi bien qu’il nous séparera pour de bon un jour ou l’autre !

- Je préfère tout de suite !

- Tu n’as qu’à te suicider ! »

Il lui donne son pistolet.

-Tiens, ça fera un chouette fait divers : l’acrobate tue son mari parce qu’il l’a trompée avec le chat ! «

2 - Un dialogue de Jonathan Safran Foer (cité la semaine dernière) dans son livre « Me voici »

Me voici : Dans la cuisine, Jacob serre dans sa main le nouveau téléphone avec lequel il a envoyé des SMS « très chauds » à une supposée maîtresse. Il tente de le soustraire à la vue de Julia sa femme qui l’a découvert quelques instants plus tôt avec leur fils adolescent, Sam. Julia l’interpelle :

« - Pourquoi tu n’as pas choisi un mot de passe compliqué ? Un que Sam n’aurait pas pu deviner ?

- Sam a regardé dans le téléphone ?

- Non. Par un incroyable coup de chance.

- Tu es sûre ?

- Comment as-tu pu écrire des choses pareilles ?

- Quelles choses ?

- Il est beaucoup trop tard pour s’engager sur ce terrain. »

Jacob savait qu’il était trop tard et il s’imprégna de l’écartement des rainures sur la planche à découper, des plantes grasses posées entre l’évier et la fenêtre, des dessins des enfants collés au carrelage mural avec du scotch bleu.

« Ces mots ne signifiaient rien, dit-il.

- Être capable d’écrire des choses pareilles sans leur accorder la moindre importance, ça me fais pitié.

- Julia laisse-moi une chance de t’expliquer.

- Pourquoi ce n’est pas à moi que tu ne signifies rien ?

- Quoi ?

- Tu dis à quelqu’un qui n’est pas la mère de tes enfants que tu veux lécher le foutre qui dégouline de son cul, et pendant ce temps la seule personne qui me fait sentir belle, c’est ce putain de fleuriste coréen au fond de l’épicerie, qui n’est même pas vraiment fleuriste.

- Je me dégoûte.

-Ah non, ne t’avise pas de me faire ça.

- Julia, c’est peut-être un peu dur à croire mais ce n’étaient que des textos. C’est tout ce qu’il y a eu.

(…)

- C’était un moment de faiblesse Julia.

- T' oublies que tu n’en as pas effacé un seul ? Qu’on peut se plonger dans l’historique. Ce n’est pas un moment de faiblesse, c’était une preuve de faiblesse. Et arrête une bonne fois pour toutes de répéter mon nom.

- C’est fini.

- Tu veux que je te dise le pire ? Je m’en fous complètement. Le plus triste pour moi dans tout ça, c’est de devoir admettre ma propre absence de tristesse. »

Avant de commencer votre dialogue, pensez à décrire les personnages, l’époque et le cadre de la scène. On dit souvent que les scènes conjugales ont lieu dans les salle de bains et les cuisine… A vous de choisir votre décor !

Proposition A

(En vous inspirant de l'un des deux dialogues précédents)

Rien ne va plus, la situation est insupportable vous ou vos protagonistes ont mille raisons de décider de crever l'abcès voire de mettre fin à leur vie commune. Après nous avoir raconté en quelques lignes, le contexte présenté les lieux et les circonstances où la scène se déroule., vous entamez votre dialogue. Ouvrez les guillemets puis tirets, fermer les guillemets à la fin du dialogue.

Proposition B

La lettre de rupture

Pour vous la rupture se fera par écrit. Par mail ou par lettre. Je n’ose pas imaginer par SMS ou encore pire, par une suite de post-it… Mais pourquoi pas après tout si vous faites une belle description des lieux où ils sont déposés.

Prenez le temps de peaufiner votre dialogue car, en raison d'un week-end familial je ne mettrai vos textes en ligne que le 8 juin. J'attends vos textes pour le lundi 7 juin et pas avant... Vous avez donc une semaine profitez-en également pour regarder la page 10 bis - 10 bis - Auteur et narrateur

Je vous souhaite une belle semaine et à très vite.

Sybille

PS : Pour les commentaires, je ne peux pas faire grand chose quand ça ne fonctionne pas (n'oubliez pas de les enregistrer) le problème peut venir de votre adresse gmail si elle n'est pas similaire à celle de votre compte google (vérifier en haut à droite) mais le plus souvent cela tient à votre navigateur. Une fois que vous êtes inscrits, il faut impérativement "nettoyer le cache du navigateur chrome ou autre et de google.