13 - Diana W - Ce qui coule dans vos veines

Ce qui coule dans vos veines

Combien cet engouement m’amuse et me ravit !

De plus en plus magazines et autres media nous citent, font référence à nos coutumes, à notre sens artistique méconnu, à notre intelligence dont on a tant médit, à nos talents et expertises diverses.

Il est tellement évident pour moi ce premier pas vers ce qui avant nous n’était qu’abstraction, transformée par le génie de mon homme et de nos semblables en voyage interstellaire et conception d’un « après « .

Après quoi ?

Après cette longue et palpitante errance sur les steppes, les rives des cours d’eau, les blottissements au creux de grottes accueillantes rendues chaudes et confortables par la force de notre créativité, à nos corps brisés et saturés de tant de distance guidés par la force de l’Espoir et la certitude si forte en nous de la nécessité absolue de la réussite.

Nous avons erré, nous avons cherché, nous avons craint pour les nôtres, ceux plus faibles soit par la jeunesse soit par son contraire, nous avons fait l’amour et jubilé, avons découvert la joie et l’émerveillement de ces ventres doux et tendres se distendant et après un déchirement qui mystérieusement ne nous a pas terrifié, le miracle de l’amour encore non catalogué parental, mais communautaire, toute notre tribu ressentait cette force indomptable de la naissance d’un nouvel être, un futur homme protecteur, une future femme porteuse de tous nos espoirs.

Nous sommes des esthètes, mon homme m’offre des coquillages percés et suspendus à des liens qu’ils me met autour du cou, ornements concrétisant son amour pour moi, pour nous et je me sens belle et en sécurité.

Car nous sommes beaux, les générations nous ayant succédé nous ont traités de monstres, de figures d’hommes animaux, frustes et pleins d’une laideur que nos amis nouveaux envahisseurs de nos territoires ont corrigés par leur finesse.

Mais à la lueur des flammes du foyer tribal, lors de nos rapprochements et vagues de tendresses nous emportant, nos yeux reflètent une beauté sidérale, une lumière qui n’a d’égale que celle de ces fulgurances voyageant au dessus de nos têtes et dont nous savons déjà qu’elles promettent d’autres destinations, d’autres aventures et d’autres promesses à tenir, un jour par nos descendants.

Neanderthal, Neanderthal, notre nom aujourd’hui n’est plus synonyme de lourdeur et incapacité à se fondre dans une société nouvelle, plurielle et diversifiée.

Nous avons laissé notre trace à jamais et cette trace coule en vous nos enfants, elle coule, vous maintient en vie, et lors d’une blessure légère ou fatale elle s’étale superbe et luxuriante ainsi qu’elle l’a toujours fait de notre temps sur la Terre en devenant ce tapis de pourpre parfois symbole de vie à la naissance ou bien linceul nous caressant de son touché tiède au parfum métallique, une fois de plus douceur et force de notre sang que nous vous avons laissé en héritage.

Diana W