16A - Françoise L. Du goût de la vie

Du gout de la vie.

D’une nuit d’aout : ma conception au bord de la mer

De deux gamètes : la fabrication de mon être, le patrimoine de mes géniteurs

D’une nuit de mai : l’envie de naître le nez vers le ciel

De la tendresse de mes grands parents : le bonheur des petites attentions, l’odeur du pain grillé, l’humour de la malice et les balades en 2CV.

De la main de mon père : la stabilité à bicyclette, le besoin de nature, la musique des steppes de l’Asie centrale et les œufs brouillés à la tomate.

De la compagnie de ma mère : le plaisir de la lecture, la curiosité pour l’étymologie, la connaissance du latin et des spécialités fromagères, la passion des bains de mer et du chocolat noir.

De ma position de quatrième fille : la complicité féminine, les disputes fraternelles et l’art du compromis.

De ma sœur seconde : la nostalgie de mai 68, l’envie de refaire le monde ou de conter les mille et une nuits, la poésie du théâtre.

Des voyages : la beauté des paysages, la diversité des hommes, le besoin d’évasion.

De quelques professeurs de faculté : la vision d’une médecine humaniste.

De la confraternité de mes pairs : la générosité solidaire, la complémentarité du savoir-faire

De l’accompagnement des sages femmes : l’art de la maïeutique

Des maternités libertaires : accoucher autrement,

De l’engagement de confrères éclairés : guérir peut-être, soigner toujours, oser toucher, oser transgresser.

Des nouveau-nés : savoir les observer et les laisser faire

Des mères : donner confiance pour guider leur enfant

De deux femmes sages : l’écoute bienveillante et le soulagement des mots.

De vieux chinois : l’art du Taïchi, la force du QI Gong et la subtilité de leur médecine ancestrale.

De cet atelier : le gout des mots, le rythme des phrases, la richesse des textes, le partage de l’écriture.

De Mireille, Anne, Catherine, Marion, Claudine et bien d’autres patientes : Avoir tissé des liens au fil des années, au rythme des rencontres, avoir découvert en chacune leur richesse et leur originalité ; pour tout ce qu’elles m’ont appris je leur suis infiniment reconnaissante et ne peux les oublier.

Merci.

Françoise L.