17 ou 16 - Corinne-Olga

Thai

Je n’ai pas vu le temps passer, je n’ai pas suivi la vague

Je me réveille maintenant et je me dis, bien sur il y avait une proposition, allons regarder…

Au fait il y en a eu deux, presque trois

Marc Aurèle, un de mes gurus. Un Mahatma.

J’offre son livre à tous les jeunes que j’aime et que je sens égarées. Comme moi, souvent égarée, sur la voie par fois

La relecture s’imposerait. Il faut lire et relire Marc Aurèle. Ma dernière copie est partie au Québec, je dois en racheter une autre.

La vie n’est pas une ligne droite, c’est peu dire

Je voudrais faire ici la liste de mes maîtres, en passant par moi même naturellement, le maître absolu. Je plaisante mais à peine. Je n’ai pas eu des maîtres ou alors plusieurs, la pute sur la route de Côme, une institutrice en internat, ma meilleure amie…le guru pour moi étant une possibilité à chacune des mes rencontre, le temps éphémère d’une conversation. Jusqu’au jour ou…

Pendant trois décennies j’ai cherché des réponses dans le yoga. Ça a marché pendant longtemps. Pratique, étude, réflexion, il manquait pourtant quelque chose.

Le système des castes peut-être, même si le yoga en tant que système en lui même n’en fait pas vraiment mention, toute la société indienne s’est référée à cette discipline comme à la forme la plus élevée de pensée… et pourtant perpétue ce système immorale.

Un voyage au Ladâkh en 2000 a été pour moi une révélation. Au monastère d’ Alchi j’ai rencontre un enseignant anglais qui m’a donné un livre sur le Bouddhisme.

D’emblée ça m’a semblé une évidence, le maillon manquant

J’ai commencé à lire, à ma table de chevet, longtemps, un livre de Thich Nath Hanh, moine vietnamien vivant en France.

Peu après mon divorce je me suis jetée à l’eau. Je suis partie en Dordogne au Village des Pruniers pour une semaine de retraite.

La chose qui m’a tout de suite frappé a été la pratique de l’arrêt. Très importante au monastère, l’apprentissage de la pause. Toutes les fois qu’une cloche sonnait, un téléphone, n’importe, il était conseillé de s’arrêter et faire trois respirations. Changer du rythme frénétique au quel nous étions habitués.

Le matin tôt, trop tôt pour moi, nous nous retrouvions dans la grande salle de méditation pour une assise silencieuse. Seuls avec notre respiration et quelque instruction d’une moniale. Apres le petit déjeuner nous allions enfin suivre les enseignements de Thai.

En français, en Anglais parfois en Vietnamien avec des traductions selon la langue, en un langage simple mais profond Thai nous expliquait la vision Bouddhiste de la vie.

Le courant vietnamien appartient au grand véhicule, le Mahayana. Tout homme a en lui la capacité a l’éveil, tout homme est un Boddhisattva (un être éveillée) en puissance.

La pratique de la méditation, d’une vision juste, des actes juste, d’une parole juste mènent à la libération de la souffrance, la première des nobles vérités.

Ça m’a parlé droit au cœur.

Pas de coercition, une liberté totale, Thai répétant que ce n’est qu’en soit qu’on trouve sa propre vérité, qu’il ne faut pas croire aveuglement mais le prouver par soi même, en soi même

Un petit homme doux, souriant et léger. Une grande ame.

Pour la première fois de ma vie je me suis sentie prête à écouter un ‘guru’, moi qui toute ma vie je les avais fuît comme la peste.

Depuis j’ai pris les 5 entraînements qui font de moi une marcheuse sur la voie

Ne pas tuer

Ne pas voler

Ne pas mentir

Ne pas médire

Ne pas abîmer son corps et son esprit

Es ce que je m’y tiens? Je ne sais pas, je m’entraine c’est tout.

Mon maître est une lumière, parmi le firmament des lumières.

Une rencontre qui m’a changé

La vie n’est pas une ligne droite.

Corinne Olga B.