17A - Diana W. Prosème

Prosème

Fortuites, les minutes nous incombant sur le quai de cette gare

Embuées de rêves mal réveillés, voulant tout simplement retourner se coucher

Rapide, ton regard si langoureux pourtant derrière les verres protecteurs

Nébuleuses les pensées du petit matin vaporeux

Amoureux peut être les désirs d’ailleurs nous emportant, nous rapprochant

Naïve cette impression de puissance pouvant tout changer

Désespérés les instants nous restant à vivre presque ensemble et si éloignés

Oh l’illusion si brève de pouvoir, de vouloir et de n’avoir rien changé.

Fernando…

Entre-aperçu et deviné, derrière une vitre douteuse et décorée des brumes matinales,

Fernando d’hier et de demain, mais jamais d’aujourd’hui

Aujourd’hui étant trop certain, ta Patrie est ta langue et mon incompréhension

Tes doutes, mes douleurs

Tes rêves, les couleurs de mes espoirs

Ta fuite inquiète et insatiable , ma vie à la poursuite de tes errances

Tu m’as fait tant rêver

Tu m’as fait voyager au delà des frontières ferroviaires

Sans le désirer tu as provoqué en moi une quête irrésolue dont toi seul aurait pu me délivrer

Mais tu ne l’as pas fait et dans tes voyages immobiles et paresseux, tu m’as entraînée dans cet espace mal défini et parallèle, purgatoire des désirs inassouvis, et tortures intellectuelles dont j’ignorais l’existence et surtout l’exigence de tout effacer, tout ce qui n’est inassouvi

A l’aube parfois, en traversant un pays encore inconnu combien de tes compatriotes de l’Ecriture amis de ton âme inquiète et insoumise, ne se sentent-t’ils pas soudain bercés par les cahots d’un train de songe traçant une frontière imaginaire dans l’immense Atlas de la vie qui aurait pu ou aurait du être la leur

Le regard moitié caché par le rebord de ton chapeau s’éloignant dans un nuage de fumée sur le quai d’une gare encore inexplorée, sera ton adieu.

Diana W.