17A - Dominique B - Marcel a pleuré...

Si Vénus s’impose déjà dans le ciel d’un bleu profond,

Orion et Cassiopée, en embuscade, patientent encore.

Le feu du jour décline et s’efface sous les mauves du soir.

Cheveux chahutés par la brise, l’homme, appuyé sur le tronc du palmier,

Vagabonde de pensées en oublis, erre de souvenirs en espoirs.

Les minutes s’écoulent, lourdes à l’approche de l’instant redouté du choix.

Hésiter, renoncer, préférer, sacrifier, renier, incliner, rejeter, décider.

La passion pour la mer, l’immensité des étendues dépouillées d’hommes,

Les mystères obscurs des abysses, la paix des solitudes intérieures,

L’onde qui berce ou bouscule et le large, partout.

L’amour humain, sa peau de soie, ses yeux aux paillettes dorées,

Rieurs mais perspicaces, sa collection de tournevis,

Sa pointe d’accent qui chante dans le noir de leurs nuits gourmandes,

Sa voiture jaune poussin rustinée de fleurs multicolores,

Sa patience et ses impatiences, et ses mains…ah ! ces mains,

Petites pattes volubiles qui caressent ses jours.

La tête dans les mains, Marius pleure de quitter Fanny

Et gémit de renoncer aux rêves d’eaux sauvages.

D’un pouce levé vers le ciel, il supplie chaque véhicule

De l’emporter, là-haut, au sommet des montagnes inconnues,

Cerbères des âmes perdues au sein de leurs vies inachevées.