17A - Lucie B. A la veille de...

À la veille de ne jamais partir

Dans l’arbre, là-haut, Mina est bien.

Là-haut, Mina est chez elle.

Pas question de redescendre.

Redescendre pour aller dormir dans sa chambre ?

Pas question.

Ses parents, indulgents, veulent bien la laisser dormir dans son arbre.

Son domaine, son château.

Mina aime tout de sa cabane.

L’odeur du grand cèdre quand elle frotte le feuillage entre ses mains.

La vue des jardins des voisins et de la rivière qui coule plus loin dans la vallée.

Cette eau tranquille en été, mais fougueuse à la débâcle du printemps.

Mina est dans son petit monde à elle toute seule.

Elle rêve d’y passer sa vie. En tout cas, sa vie d’enfant.

Après, on verra.

La cabane pourrait, pourquoi pas, rester là, perchée dans l’érable majestueux.

Et au sol, une plus grande habitation avec une terrasse à travers laquelle son érable passerait.

Mina s’endort avec cette pensée.

Au matin, elle dessine son projet de grande maison avec une terrasse, et l’érable qui la traverse.

Au matin, son père lui apporte son petit déjeuner.

Et oui, pourquoi redescendre de son arbre ?

C’est son monde. Au moins pour cet été.

L’été de ses 6 ans dont elle gardera le dessin de sa maison d’adulte avec terrasse.

Et de son érable qui la transperce, et dans lequel est toujours sa cabane.

Et la voilà repartie à rêver.

Lucie Brien - 26 juillet 2020