19B - Véronique M - Lire et écrire

MON PREMIER LIVRE

Il me semble que c’était chez mes grands-parents paternels et que c’est dans le grenier que j’ai déniché les premiers « Vaillants ». Tous ces jeunes héros, beaux et athlétiques, j’en regardais les images avec passion comme une ouverture sur le monde extérieur.

J’ai dû en rabattre sur l’esthétique humaine lorsque j’ai été confrontée à la « vraie vie ».

LE LIVRE QUI A MARQUE MON ENFANCE

Sans nul doute, le livre sur la mythologie grecque ! A cette époque, j’avais 10 ans à peine et le sentiment que je tombais si je me rapprochais de la terre ou que je m’envolais si je regardais le ciel.

Dans les rayonnages de la bibliothèque familiale, je trouvais un livre sur la mythologie grecque et elle devint ma raison d’être.

Alors, comme cela, je pouvais voyager entre Ouranos(le ciel) et Gaïa(la terre) ! ; Zeus (ou encore Jupiter), petit-fils de Cronos et chef des titans, avait ma préférence. Ainsi, je pouvais m’identifier à Junon, la femme légitime de Zeus qui était à la fois sa soeur. Pratique, l’inceste n’était pas un problème ! Elle était d’une jalousie féroce car Zeus était volage et la vengeance de Junon à l’égard de ses rivales et sa haine contre elles et même leurs enfants était terrible. Zeus me donnait sur un plateau un monde imaginaire à mon hauteur. Vénus, l’une de ses filles dans l’ Iliade, puis racontée comme sortie des eaux avec une couronne de violettes sur le tête, déesse de la beauté et du rire me convenait parfaitement et au gré de mes fantaisies, je lui donnais vie. Tous les hommes étaient épris de moi, se battaient pour l’un de mes baisers, j’étais incomparable ! Zeus épousa Junon, bonne mère nourricière qui me berçait dans ses bras mais devenait une harpie quand celui-ci la trompait avec une autre.

Il était tour à tour, un père protecteur, l’homme que je voulais comme père de mes enfants, un héros à qui rien ne résistait, un ennemi à combattre ou bien un Dieu à égalité avec moi.

Ah, quel plaisir mêlé de peur ces personnages donnaient à ma vie. Une puissance de pensée et de rêve agrémentait mon ordinaire au point que ma famille devait me répéter plusieurs fois ce qu’il était de mise pour vivre en famille et en société.

LE PREMIER LIVRE LU SEULE

C’est celui que j’ai reçu en cours élémentaire, prix d’honneur en 1957, « le ballon rouge ».

Pascal, un petit garçon, vit seul avec sa mère sur les hauteurs de Montmartre. Un matin, il aperçoit un ballon rouge accroché à un bec de gaz et le décroche. « Suis-moi, ballon » ; Après un certain nombre d’épisodes, le ballon et lui marchent de concert. Mais des gamins, jaloux de cette complicité s’emparent du ballon et le crèvent. De nombreux ballons se regroupent dans le ciel, c’est la révolte des ballons qui vont vers Pascal. Celui-ci attrape les ficelles et s’envole pour un voyage autour du monde.

Les larmes que j’ai versé de chagrin et de joie m’ont enseigné le bi-face des émotions.

Ainsi, on pouvait transformer la peine en joie ou l’inverse ! La labilité des sentiments m’apparut comme un début salvateur à mes catastrophes intérieures.

LE LIVRE QUI M’A DONNE ENVIE D’ECRIRE

Celui que mon père m’a offert lorsque je suis partie en pension en pleurant :

« la chrysalide qui devint papillon »

CELUI QUI POURRAIT M’ EN DECOURAGER

Paul-Lou Sulitzer

MES HEROS ET MES HEROINES DANS LA FICTION

- Liesel dans « la voleuse de livre » de Markus Zusak

- Yang Zhu dans « du vide parfait » de Lie Zi

- Jean Louise, dite scout dans « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » d’Harper Lee

- François Cheng et tous ses écrits

-Lao Tseu dans « Tao Te King »

- Markus dans « le grand cabaret du professeur fabrikant » de Yirmi Pinkus

- Kemal dans « le musée de l’innocence » d’Orhan Pamuk

- Nora dans « l’échelle de Jacob » de Ludmila Oulitskaïa

- la maîtresse dans « les demeurées » de Jeanne Benameur

- Imre dans « Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra jamais »

- Winnie dans « ah, les beaux jours » de Samuel Beckett.....et bien d’autres

SI JE DEVAIS ECRIRE DANS UNE AUTRE LANGUE, LAQUELLE ET POURQUOI

En russe, pour trouver des émotions de l’enfance, enfouies dans les tréfonds de mon âme.

CE QUE J’AIME ET QUE JE RECHERCHE CHEZ UN(E) AUTEUR

Qu’il ou elle me fassent voyager dans des contrées inconnues.

MON PRINCIPAL DEFAUT EN ECRITURE

Mon côté fouillis

CE QUE J’AIME QUAND JE ME RELIS

Avoir l’impression que ce n’est pas moi l’auteur.

SI JE DEVAIS DONNER UN TITRE A L’HISTOIRE DE MA VIE

Tout peut arriver, rien n’est écrit.

MES POETES PREFERES

Paul Valery, Alphonse de Lamartine, Albert Camus, Blaise Cendrars, Honoré de Balzac, Jean Genet, Edmond Jabès, Rainer Maria Rilke, Arthur Rimbaud, Boris Vian, Aimé Césaire, Alexandre Dumas, Jean de la Fontaine, Anton Tchekov, Ludmila Oulistskaïa, Thomas Mann....

LE VERS DONT JE ME SOUVIENS

« mignonne, allons voir si la rose,

qui ce matin était déclose,

sa robe de pourpre au soleil

a point perdu cette vesprée....

....puisque d’une fleur ne dure

que du matin jusqu’au soir.....

....cueillez, cueillez votre jeunesse,

comme à cette fleur sa vieillesse,

fera ternir votre beauté.

PIERRE RONSARD

A QUELLE HEURE J’AIME ECRIRE ET DANS QUELLE AMBIANCE

Quand je suis seule.....et de préférence quand je suis mal !

MES OUTILS D’ECRITURE, MON BUREAU

Un stylo, un carnet, n’importe où, n’importe quand !

QUELLE EST LA PLACE DE L’ECRITURE DANS MA VIE

La lecture, ma vie et l’écriture.

CE DONT JE SUIS LE PLUS FIERE DANS MA VIE

Ceux qui me sont chers.

SI JE DEVAIS INVENTER UN MOT, LEQUEL

multisingularités

SI J’ETAIS UN ECRIVAIN ENGAGE, LA CAUSE QUI M’INSPIRERAIT

L’injustice

CE QUE JE VEUX ENCORE APPRENDRE, DECOUVRIR

Il y a tant de philosophes, d’écrivains, d’historiens, de penseurs que je ne connais pas qu’il me faudrait plusieurs vies pour assouvir ma soif de connaissances.

Découvrir un grand nombre de pays, la beauté de la nature, les coutumes des autochtones.

Continuer à cultiver l’ouverture et l’amitié sans laquelle la vie manque de sel.

Véronique M.