19C - Françoise L - Le jeu de l'été

Le Jeu de l’été

En cet après midi de fin août il fait bien trop chaud pour s’activer, juste s’asseoir à l’ombre des sapins, prendre mon magazine pour faire le test de l’été. Je me cale confortablement dans mon transat. Je saisis un Bic, prête à répondre aux questions du grand Jeu concocté par Sybille, maïeuticienne en écritures.

Mon premier livre :

Ma grand-mère le soir nous lisait, plein de livres d’images, nous étions bien nichées dans nos lits jumeaux. Nos héros s’appelaient Caroline et Babar. Caroline intrépide avait plein d’activités avec ses amis Pouf et Noiraud, Babar lui construisait avec sa femme Céleste une famille certes, mais surtout le royaume des éléphants.

Les premiers livres lus seule :

Dans la collection Rouge et or, je préférais Isabelle et les Géants aux Petites Filles modèles. Alice la détective m’a entraîné dans la bibliothèque verte, j’ai vécu avec elle plein d’aventures.

Le livre qui a marqué mon enfance :

Ma Marraine m’a offert un jour les contes de Grimm. Ce fut un trésor. Je les ai lus et relus : Neige Blanche et Rose rouge, le Nain Tracassin, le petit tailleur courageux, Un petit œil Deux petits yeux, Trois petits yeux, Les douze frères et le diable aux trois cheveux d’or...

Le livre qui m’a donné envie d’écrire :

Ce n’est pas un livre, à la cinquantaine j’ai écrit un mémoire sur mon expérience professionnelle qui m’a donné l’envie d’écrire. Mais c’est surtout le gout des mots, c’est ce gout là qui m’a été transmis par ma mère, jeune fille elle tricotait le latin et le grec et à l’âge de la sagesse l’hébreu, sa seconde fille, ma sœur tressait les contes et les poèmes.

Celui qui pourrait m’en décourager :

Lire un livre par devoir, m’a découragée et m’a éloignée des classiques.

Adulte, je me suis autorisée à lire dans le désordre, un peu le début, puis la fin et revenir au milieu. Cette liberté m’a permis de lire dans le plaisir.

Mes mots préférés en français :

Il y a les mots qui sonnent dans la bouche comme saperlipopette, cacahuète, sinusoïde, parabole, ceux qui me sont hermétiques comme anachronisme, aphorisme ou néologisme et enfin ceux qui sont doux à écrire comme volupté, caresse, jubilatoire, affectueusement vôtre.

Si je devais écrire dans une autre langue, laquelle et pourquoi :

Pour l’écriture de soie je préfère le françois.

Le vers dont je me souviens :

Mignonne allons voir si la rose

Qui ce matin avoit desclose.

Homme libre, toujours tu chériras la mer !

Mes poètes préférés :

Rainer Maria Rilke, Rabindranath Tagore

Et ceux qui jouent avec les mots comme Guillevic, Robert Desnos, Prévert

Boris Vian et naturellement Queneau.

Ce que j’aime et que je recherche chez un ou une auteur.e

Qu’il m’emmène dans son univers, qu’il me raconte sa compréhension du monde et qu’il me parle des hommes.

A quelle heure j’aime écrire et dans quelle ambiance :

Le soir, la nuit, quand je suis bouleversée.

Quel est mon but et mon ou mes destinataires dans l’écriture

Quelle est la place de l’écriture dans ma vie

Les autres,

Pour être en lien.

Ce matin pour rester vivante.

Qu’il fait chaud ! Je me suis assoupie ! Où en étais-je ? Je ne sais plus, tant pis je reprendrais demain.

Françoise L.