20 - La nouvelle littéraire, "short story" et conseils d'écriture

Vous trouverez ici divers conseils glanés sur le net que je trouve particulièrement judicieux.

Quelles sont les caractéristiques d’une nouvelle littéraire ?

8 points essentiels : 1) La nouvelle littéraire est un récit. Elle représente donc un texte narratif, une histoire que l’on raconte. 2) Elle est une œuvre de l’imagination. Elle n’est pas la narration fidèle d’un événement comme pourrait l’être un reportage. Lorsque les nouvellistes s’inspirent d’un fait réel, ils reconstruisent toujours l’histoire à leur manière. Elle devient alors fiction. 3) La nouvelle est littéraire. On emploie des figures de style, on choisit une formule narrative, on exploite les ressources de la langue pour créer des effets, captiver le lecteur, susciter en lui des émotions et des réflexions.

4) Elle est brève et peut généralement être lue en une seule séance de lecture. Le lecteur n’a pas à s’interrompre comme avec un roman. Tout est saisi dans un temps limité et l’univers présenté est extrêmement concentré.

La nouvelle se fonde sur la concision : peu de personnages, d’événements et de lieux. Tout doit être ramassé et réduit.

5) À l’opposé du roman, la nouvelle se concentre sur une action unique. Les nouvellistes ne cherchent donc pas à multiplier les intrigues ou les péripéties, au contraire.

L’action est souvent réduite à un seul événement. Il se passe donc peu de choses entre la situation initiale et la situation finale. Attention, cela ne signifie pas que ce qui se passe n’a pas d’importance, loin de là.

Schéma narratif de la nouvelle littéraire :

  1. · Situation initiale : présentation du personnage principal, lieu, époque, décor, etc.

  2. · Élément déclencheur ou perturbateur : modification de la situation initiale, l’événement duquel découle la suite de la nouvelle (temps surtout au passé simple).

  3. · Péripéties : actions faites par le personnage principal et par les personnages secondaires (temps au passé simple) qui vont permettre l’évolution psychologique du personnage principal.

  4. · Dénouement ou résolution ou chute : met un terme aux actions et surprend généralement le lecteur.

  5. · Situation finale : résultat, fin du récit.

6) Entre le début et la fin de la nouvelle littéraire, une transformation psychologique s’est opérée chez le personnage principal. C’est cette concentration qui explique la grande tension dramatique présente dans de nombreuses nouvelles.

7) La concentration de l’action impose un nombre limité de personnages. Notez que la plupart du temps, la nouvelle en présente un seul.

La description physique et psychologique de ce personnage est réduite au maximum. Il arrive même qu’on ignore son identité. Le personnage n’a alors ni nom, ni âge, ni statut civil. Il est juste une personne grammaticale, il , elle ou je , sans plus.

Lorsqu’un personnage central est décrit, son physique reflète parfaitement ce qu’il est. Le personnage devient alors un type humain très précis. Quant à la psychologie du personnage, elle sera dévoilée par son comportement. Les autres personnages, ceux qui gravitent parfois autour du héros, sont traités de façon encore plus succincte.

8) Les lieux dépeints dans la nouvelle littéraire sont en général peu nombreux et esquissés seulement. Ils ont cependant une grande importance. Chaque élément devient significatif. Bref, La nouvelle présente un univers concentré, qui se caractérise par une grande unité.

Souvenez-vous que les histoires courtes créatives et originales, ont toutes en commun une structure de base qui leur permet d’être efficaces. Comme tous les auteurs sérieux le savent, on doit d’abord connaître les règles avant d'avoir la capacité de s'en affranchir...

Taille approximative de la nouvelle : Une nouvelle contient entre 5 et 50 pages (1250 à 12500 mots). En-dessous, vous êtes sur une forme courte qui répond à d'autres contraintes. Au-dessus, vous entrez dans une forme qui demande de penser à des intrigues secondaires et de prendre le temps d'un autre type d'écriture.

Pour aller plus loin :

(Pour écrire un texte que ce soit une "short story" ou une « nouvelle littéraire classique » )

Le premier brouillon plein de passion :

N’écrivez pas à partir de votre sens du devoir. Les bons écrivains n’essaient pas d’enseigner une leçon, ou d’être socialement ou politiquement corrects. Écrivez librement laissez les personnages entrer en vous. Écrivez tout ce qui vous vient à l’esprit. A propos de l’histoire. Lorsque vous avez fini, lisez ce que vous avez noté et soulignez les passages que vous pouvez développer pour composer une histoire.

Faites une pause. Après avoir rédigé votre premier jet, laissez votre travail de côté pendant 1 jour ou 2, relisez-le après une pause pour pouvoir le voir avec un nouveau regard.

Les éléments de base :

Le narrateur : Il y a trois points de vue principaux pour raconter une histoire : la première personne (Je), la deuxième personne (Tu/Vous) et la troisième personne (Il ou Elle). Dans une histoire à la première personne, un personnage de l’histoire raconte l’histoire ; pour celle à la deuxième personne, le lecteur est un personnage dans l’histoire ; et à la troisième personne, un narrateur extérieur raconte l’histoire. La narration à la deuxième personne est rarement utilisée.

Gardez à l’esprit que les narrateurs à la première personne ne peuvent dire que ce qu’ils savent et voient (ils sont donc limités dans leur perspective). Les narrateurs à la troisième personne en revanche, peuvent tout savoir et explorer les pensées de chaque personnage (omniscience de la troisième personne) ou être seulement limité à ce qui peut être observé par un personnage (tiers limité).

Le scénario : Il réfère aux prémisses et à l’action qui ont lieu dans une histoire. Un scénario traditionnel requiert un conflit, et il existe toutes sortes de conflits qui peuvent être utilisés. Ceci inclut les conflits entre les gens, des conflits intérieurs concernant les décisions, conflits entre l’obligation et le désir ou même le bien contre le mal. Soyez conscient des conflits dans votre histoire. Aident-ils, font-ils avancer le scénario? Le scénario est-il crédible en termes de motivation des personnages ?

Le thème : Le thème réfère au sujet que vous exprimez dans votre histoire. Réfléchissez à ce qu’une expérience vous a appris au point de vouloir en faire une histoire. Dans un premier temps, soyez honnête envers vous-même et vos lecteurs et laissez vos émotions guider le message de votre récit. Veillez à ce qu’il reste simple et clair. Si vous avez un seul message qui parcourt tout le récit, il peut être beaucoup plus puissant.

Les personnages : Dans les histoires qui fonctionnent, les personnages sont bien plus que de simples marionnettes, intéressez-vous à la motivation de vos personnages. Que cherchent-ils ? Si vous optez pour les dialogues, parlent-ils naturellement ? Ou le dialogue sonne-t-il comme si un comédien le lisait ?

Climax ou point culminant et le dénouement : soit le moment où les conflits arrivent à un point culminant et comment ils se concluent.

Espace-temps : lieu, époque du déroulé de l’histoire et des événements.

Vérifications : Avant de commencer à rédiger votre fiction, vérifiez les éléments historiques, légaux, les contraintes géographiques ou matérielles à une époque donnée pour éviter notamment les anachronismes. (Pas de portable en 1990, l’ADN pas légal en France, règles de l’accouchement sous X en 1950 ou actuellement etc.)

Le début : La première phrase est « capitale ». Un début rapide est particulièrement important dans les histoires courtes parce que vous n’avez pas beaucoup de place pour raconter votre histoire. Ne traînez pas avec de longues introductions de personnages ou des descriptions inintéressantes du décor si elles ne sont pas liées à l’intrigue ou à la psychologie d’un personnage, révélez des détails sur les personnages et le décor petit à petit.

Dialogues : Écrire de bons dialogues tient à deux choses : la connaissance intime de vos personnages et beaucoup de réécriture. Chaque personnage doit avoir une voix unique. Vous devez vous assurer que vos personnages ont tous un ton différent. Lisez le dialogue de chaque personnage et demandez-vous : cette réplique “sonne-t-elle” comme mon personnage ? Si votre réponse est non, alors vous avez un peu de réécriture à faire !

En vous tenant à cette technique, vous allez réduire les utilisations de “dit-il” et “elle a dit” Que l’on s’efforce souvent de remplacer par d’autres formules “a-t-il hurlé”, “a-t-elle annoncé” et “il a parlé avec véhémence”, mais ces dernières sont source de lourdeur et de distraction inutiles.

Descriptions : Dans tous vos textes, travaillez les descriptions. Entraînez-vous à les écrire en les rendant aussi précises que possible je dirais « incisives ». Appréhendez l’environnement avec tous vos sens. Observez un objet et dépeignez-le de la façon la plus précise possible. Décrivez sa couleur, sa forme, la façon dont il est éclairé, son odeur, sa texture. Réfléchissez à la meilleure façon de créer une image claire dans l’esprit de vos lecteurs. Écrivez de manière détaillée plutôt que de vous contenter de résumer les actions. Développez les lieux et les personnages en apportant des détails intéressants. Immergez le lecteur dans un espace particulier et aidez-le à construire une image mentale nette de l’univers dans lequel l’histoire a lieu.

Votre texte, votre nouvelle ou short story est terminé :

Se relire : Une fois ces éléments établis dans votre histoire courte, reprenez depuis le début et effacez tout mot, paragraphe ou page qui ne leur apportent aucune contribution. Vous pourriez avoir une magnifique description d’une ville sur la deuxième page mais qui n’a rien à voir avec l’histoire. Soyez sévère, gommez-là. Votre histoire s’en portera bien mieux. Une histoire courte n’est pas une nouvelle ; elle est bien plus proche d’un poème, où chaque mot et phrase comptent.

Peaufinez le langage : Rendez-le aussi clair et concis que possible. Assurez-vous que tous vos mots sont précis et pertinents. Repérez les mots vagues que vous pouvez remplacer par des synonymes plus clairs et parlants. Servez-vous d’un dictionnaire traditionnel et d’un dictionnaire de synonymes pour remplacer les phrases trop longues par des variantes concises et efficaces.

Corrigez la langue : Cherchez les erreurs d’orthographe et de grammaire. Relisez-vous, corrigez les fautes de frappe et vérifiez soigneusement la ponctuation et la grammaire. Lorsque vous racontez des événements, il est facile d’employer le mauvais temps. Soulignez ou surlignez les verbes d’action, et vérifiez que leur temps correspond à celui de la narration.

Par exemple, si vous avez écrit le récit au passé simple, assurez-vous que vous n’avez pas employé le présent de l’indicatif par endroits.

N’oubliez pas que les personnages parlent et pensent avec des temps différents de celui employé par le narrateur. Par exemple, vous pouvez tout à fait écrire : « Noëlle sautilla de joie en chantant : Thomas est amoureux de Sophie ! Ils vont se marier ! »

Travaillez la fluidité : Assurez-vous que vos phrases et vos paragraphes s’enchaînent naturellement. Repérez les phrases décousues ou incohérentes et les transitions maladroites entre différentes parties de l’intrigue. Assurez-vous que chaque phrase suit la précédente de manière fluide et variez la structure des phrases pour obtenir un effet plus agréable. Assurez-vous que vos paragraphes racontent les événements constituant le récit global de manière logique supprimez les paragraphes inutiles.

Soigner la mise en page

Pourquoi est-il important de soigner la mise en page d’un texte ? La mise en page a deux objectifs : l’un esthétique et l’autre fonctionnel, puisqu’elle doit faciliter la lecture et la compréhension du texte. Même excellent, un texte peut ne pas être lu et/ou compris s’il est mal présenté. Pour être efficace et agréable, la forme du texte doit servir sa lisibilité à deux niveaux : faciliter la lecture des lignes au fil du texte et mettre en lumière sa structure, favoriser l’appréhension globale de la page et des éléments qui la composent. Un ensemble de conventions typographiques guident tout lecteur, sans même qu’il en soit conscient.

Les paragraphes et découpage du texte : Un texte est découpé en parties distinctes. Une partie est formée de plusieurs phrases, rassemblées en paragraphes, qui mettent en scène une idée, un événement, une action, des personnages ordonnés selon une certaine logique.

Ainsi, on n’effectue jamais de saut de ligne :

· Entre phrase d’introduction de dialogues et dialogues

· Au milieu d’un dialogue

· Entre dialogue et narration s’il y a un lien logique

· Au milieu d’une narration s’il y a un lien logique

Le paragraphe est un élément de mise en page recommandé pour la bonne lisibilité d’un récit. En effet, il permet d’aérer le texte en organisant les “blocs” de texte qui le composent, en respectant la logique et l’évolution de l’histoire. Le retour à la ligne permettra la mise en évidence d’un passage précis.

Mais attention, inutile de tomber dans l’excès en faisant un retour à la ligne à presque toutes les phrases. En effet, le paragraphe renvoie un message au lecteur qui les associe à un changement particulier. Trop de retours à la ligne nuisent à la profondeur du texte et à toute pertinence d’éléments particuliers. Le changement de paragraphe marque : un changement de scène, un déplacement dans le temps, déplacement dans l’espace, changement de personnage. Un changement de type d’énonciation : narration, description, explication, argumentation, correspondance, dialogue.

Quelques règles typographiques :

Il est indispensable de les connaître pour pouvoir envoyer son texte à un concours ou à un éditeur ou encore à un blog.

Signes de ponctuation : Les phrases se terminent par un point final, un point d'exclamation, un point d'interrogation ou des points de suspension. La virgule sépare les parties d'une phrase si elles ne sont pas déjà réunies par et, ou, ni. Elle sépare les énumérations. Pas de virgule avant une parenthèse, un tiret ou un crochet. Le point-virgule sépare différentes propositions de même nature. Le deux-points introduit une explication, une citation, un discours, une énumération. Pas de ponctuation (sauf effet voulu) en fin de titres.

Signes de ponctuation et espace : La règle est : "signe simple, espace simple" : l'espace se trouve après le signe. Les signes simples (signes bas) sont : la virgule, le point, les points de suspension ; "signe double, espace double" (une espace avant, une espace après). Les signes doubles (signes hauts) sont : le point-virgule, les deux points, le point d'exclamation, le point d'interrogation.

Le dialogue : Pour être compréhensible, un dialogue doit être clairement indiqué. L’usage consiste à employer les guillemets (français : « ») pour encadrer un dialogue : le premier dialogue commence par un guillemet ouvrant suivi d’une espace-mot insécable (maj+ctrl+espace).

Chaque changement d’interlocuteur est indiqué par un tiret long (tiret cadratin, à ne pas confondre avec le trait d’union) suivi d’une espace fixe (d’un demi-cadratin). On indique la fin du dialogue par un guillemet fermant, précédé d’une espace-mot insécable.

Extraits de différents site sur le net et notes personnelles pour les membres de l'atelier de La Passagère en ligne - août 2020