21 - L'ailleurs

L’Ailleurs 19 Août 2020

Sujet précédemment traité à Dinard en juin 2016 (avec cependant, des textes et des propositions différents) "Où commence l'ailleurs ? Par définition là où je ne suis pas. Là-bas, quelque part, nulle part. De l'autre côté, sur l'autre rive, dans un monde que je ne connais pas encore et que j'explore au fil des pages d'un roman où sur les méandres des cartes. Nous sommes séparés de l'ailleurs par une frontière invisible, un territoire qui nous fascine. Face à la monotonie du quotidien, d'un paysage, l'ailleurs est une invitation au voyage, à la rêverie. Parfois une fuite, une promesse d'errance, un exil pour mieux se retrouver. L'ailleurs est une conquête, la langue que je ne parle pas, l'abîme qui m'effraie et les sommets qui m'attirent mais aussi l'autre, l'inconnu, l'étranger, le différent. L'ailleurs en soi comme un arrière-pays où se perdre avant de s'y ressourcer. Aujourd'hui l'ailleurs est ce village de l'autre côté de l'eau, ses toits d'ardoise ramassés dans le repli du plateau entre les prés et le moutonnement des chênes et des châtaigniers. L'ailleurs est cette voile qui quitte Garel et remonte vers le nord." Garel 11 juin 2016

Propositions :

1 – Si l’ailleurs était un personnage

La vagabonde des mers d’Ella Maillard

Un tablier de cuir noir, patiné, ceignait ses hanches de sauterelle, et dans son long visage qui faisait songer à quelque visage du Gréco, seul le blanc de ses yeux luisait sous le masque de poussière. Il vous manipulait sans effort apparent la pièce de métal qu'il allait façonner pour en faire un collier de gui, maintenait fermement l'anneau rougeoyant du bout de ses longues tenailles, en travers de l'enclume, pour marteler d'un rythme nonchalant le fer attendri. Et quand la pièce incandescente grésillait dans la cuve d'eau, nous nous regardions.

A - Proposition : L’ailleurs pour vous c’est un personnage, historique, romanesque ou encore une simple silhouette croisée lors d’un de vos voyages. Décrivez-le, faites-nous partager vos sensations et vos sentiments. Il ne s’agit pas de raconter une fiction mais de partager une atmosphère ressentie au cours d’un voyage ou imaginée

2 – Si l’ailleurs était un pays

Safari noir de Paul Theroux

Dans le monde entier, les hommes sont des bêtes… Mais les lépreux, les hyènes, les défenses d’éléphant et les ordures, les ânes qui gémissent, les égouts à ciel ouvert dans les allées pavées, l’odeur forte des épices, le boucher couvert de sang levant son couteau pour fendre une bosse poilue et en révéler la graisse comme du fromage blanc lissé – et offrant cette graisse avec un sourire tordu-, le ronronnement des prières, l’invitation d’un œil noir dans une hutte sombre… Tout cela expliquait pourquoi Rimbaud avait été si heureux, ici. Il avait aimé l’Afrique parce qu’elle était le contraire de l’Europe, l’anti-occident – ce qu’elle est parfois violemment, parfois paresseusement. Je l’ai aimée pour ces mêmes raisons, car il n’y a rien ici qui me rappelait chez moi. Être en Afrique, c’est comme être sur une étoile noire. Paul Théroux

B - Proposition : parlez-nous de ce pays ou de ce lieu réel ou imaginaire qui représente pour vous « l’ailleurs ». Décrivez-le, faites-nous partager vos sensations et vos sentiments. Il ne s’agit pas de raconter des événements mais de partager une atmosphère connue au cours d’un voyage ou imaginée

3 - Si l’ailleurs était une ville

Désert de Le Clézio

Il n'y a personne dans les rues à cette heure-là, seulement quelques chiens au poil hérissé, qui rongent leurs os en grognant. Les fenêtres au ras du sol sont fermées par des grillages, des barreaux. Plus haut, les volets sont tirés, les maisons semblent abandonnées. Il y a un froid de mort qui sort des bouches des soupiraux, des caves, des fenêtres noires. C'est comme une haleine de mort qui souffle le long des rues, qui emplit les recoins pourris au bas des murs. Où aller ?

C – Proposition : Description d’une ville en mettant l’accent sur l’étrange et l’inconnu. Que cette ville soit rêvée ou imaginaire, c’est votre description qui doit nous traduire cette sensation, cette vision. Rêve ou cauchemar ou encore souvenir d’une ville traversée.

C’est le dernier atelier de l’été, vous pouvez m’adresser vos textes pour le mardi 25 août par mail (Word ou open office, en n’oubliant pas d’enregistrer le fichier à votre nom avec la référence de la proposition 21A etc.) A bientôt