22A - Diana W - Paroles de nuit

Paroles de nuit en vrac

Je viens de la lumière et mon corps terrestre le sait

Le sombre appel des plaisirs ou vices tus, cachés ou étouffés

Jamais je n’y ai cru

Le soleil comme dit la chanson donne la même couleur aux gens

mais la nuit les affuble d’un masque grimaçant

Fausse douleurs à noyer dans les notes des balalaïkas, fausses couleurs à essuyer rageusement pour en effacer l’agressivité, fausse pudeur de penser que la nuit tous les chats sont gris … absurde idée devenue lieu trop commun tu m’ennuie !

Nuit de l’âme tu sais si bien t’enrouler, te couler, te lover contre moi en extirpant par étouffement tout ce qui vibre et se réjouit sous les éclats dorés de l’astre solaire

Les visages sur les trottoirs anonymes semblent se transformer en tête rétrécies jivaros ou bien en petites figures simiesques qui sait peut être même renversées comme les chauves souris qui s’éveillent au crépuscule.

Le comte von Krollok, le comte Dracula, la comtesse Bathory, farandoles de spectres aristocratiques représentant nos terreurs, tous associés à la nuit… Nuits de Chine ? Nuits des mille et unes splendeurs ? Leila … Leila la Nuit orientale et parfumée d’ivresses à goûter de très près, intoxicante et érotique Leila celle que l’on désire la nuit et que l’on lynche quand la lumière met trop en exergue nos goûts honteux d’exotisme, ceux que l’on cache au tréfonds de nos pulsions et qui contredisent les vestiges d’une éducation étriquée …

Je me sens prisonnière de l’ombre, j’allume les feux des chandelles salvatrices à l’approche de ses pas feutrés et déchire les rideaux de brume essayant de cacher ce qui au fond de moi est au plus près de ma vérité;

Eloigne toi nuit

Eloigne toi brouillard

Fuyez créatures de l’obscurité propice à la honte

Ici nous voulons brûler des feux de la joie lumineuse

Claire et aveuglante qui nous réduira en charbons en tessons en vestiges étincelants éternels et fascinants brillants.

Diana W