23 A - Valérie W - Le chat de Kalamata

Un feu crépitait dans le petit salon cosy de la grande maison à colombages. Daniel, assis confortablement dans un fauteuil anglais, baignait son regard dans le néant du feu. Autour de lui, assis un peu gauchement, le boulanger, le pizzaiolo, le facteur et quelques habitants du village, femmes et hommes, se taisaient. Ils savaient pourquoi ils étaient là. Unis pour préserver l’intimité de ce peintre à la fortune considérable, maintenant très âgé, ils avaient - depuis son arrivée en provenance de son Londres natal en territoire normand - repoussé les intrus, les curieux et les nombreuses tentatives plus ou moins légales de découvrir l’adresse de la nouvelle demeure de cet homme mondialement connu. Pour les récompenser de leurs efforts, Daniel les avait tous invités pour un repas léger au beau milieu de l’après-midi de ce dimanche d’octobre. Que ressentait-il à cet instant, cet amoureux de la solitude et jaloux de ce qu’il considérait comme la dernière partie de sa vie ? Il lui était encore possible de s’éprendre des couleurs franches des iris, marguerites et coquelicots, si nettes sur fond de ciel souvent terne. Infatigable marcheur le long d’une myriade de fins affluents de la Dives à quelques kilomètres au sud de la mer, il aimait le temps long des heures de liberté pour le bonheur simple de respirer en paix.

Le dîner s’était déroulé, un peu contraint. Les habitants avaient chipoté, pas franchement affamés à cinq heures de l’après-midi. Ne regardant personne, Daniel, peu loquace, s’était contenté de mastiquer consciencieusement son blanc de poulet arrosé d’un verre d’Entre deux Mers un peu tiède. Le bruit des couverts, des assiettes ramassées, des plats passés, couvrait les chuchotements de celles et ceux qui se demandaient comment quitter ce lieu le moins impoliment possible. Leur hôte ne s’adressait à eux qu’en anglais et à voix si basse qu’elle en était presque inaudible.

L’orage, le vent et les trombes d’eau prirent l’assemblée par surprise. Les invités jetèrent un regard inquiet vers les fenêtres battues par la pluie. Difficile de s’en aller, pour la plupart venus à pied, ils hésitaient, se levaient, se rasseyaient. Un coup d’œil suffit à Daniel qui prit la décision d’entraîner les convives vers la petite pièce, derrière l’office. Maria, sa dame de compagnie un peu voutée, le front ceint d’une couronne de cheveux argentés d’un visage sans grâce, leur ouvrit la porte. L’équipage découvrit cet espace élégant avec son dallage gris blanc à cabochons noirs, ses murs chaulés et sa haute cheminée ouverte. Femme à tout faire à ses heures, Maria avait tiré avec difficulté des sofas, fauteuils et sièges devant l’âtre où tous prirent place en attendant la fin de la tempête.

Daniel remua les braises et ajouta un gros morceau de bois de hêtre bien sec. Des gerbes d’étincelles redonnèrent vie aux visages assombris et grimaçants. Tantôt inquiétés par l’orage qui ne décolérait pas, tantôt hypnotisés par ce moment hors du temps, ils avaient l’air d’attendre un geste, une initiative du maître de maison.

Celui-ci regardait les flammes, bien calé dans l’ombre de son fauteuil. Qu’il était loin le temps des piscines californiennes, de ses amants bronzés ! Aimés puis quittés dans la mise en scène de tableaux qui lui servaient de lettres de rupture, le peintre brouillait les traits de leur corps avec le mouvement de l’eau claire. Daniel se représentait lui-même en personnage central, son corps mince vêtu d’un pantalon blanc ajusté et d’une veste cintrée aux couleurs chatoyantes, il s’abandonnait à la lumière du Pacifique dans la beauté de sa jeunesse.

Le vieillard s’extirpa avec peine de sa rêverie et considéra plus attentivement ces gens, ses prisonniers temporaires. Il ouvrit la bouche, sur le point de parler. Renonça pour laisser encore quelques secondes le silence les envelopper de bien-être. Une chaise racla le sol nu. Quelqu’un allongea ses jambes. Une femme éternua. Daniel toussa un peu pour s’éclaircir la gorge et sa voix rauque, un peu traînante, s’éleva dans le silence :

- Peut-être pour passer le temps…

Le bougre parlait un français impeccable ! Et il n’en n’avait rien dit. Les villageois passèrent de la surprise à l’agacement, cherchant à se rappeler s’ils avaient pu être un peu trop libres dans leurs propos au cours du repas. Aux commissures des lèvres de Daniel flottait un léger sourire.

- Oui, je pourrais, peut-être, vous raconter une histoire. Une histoire vécue. Tenez, c’est Maria qui me l’a relatée…

Il désigna du menton la dame de compagnie qui se joignait à eux. Commença alors une longue veillée qui semblait ne pas avoir de fin. Les éclairs zébraient la nuit et une coupure de courant plongea l’assistance dans la pénombre relative de braises rougeoyantes. Après avoir ajouté une bûche imposante, le vieil homme expliqua d’abord que Maria ne pouvait pas leur détailler elle-même son expérience, elle n’aimait pas sa voix. Aussi, poursuivit-il son récit tel qu’elle le lui avait transmis.

Les évènements s’étaient déroulés en Grèce, dans une belle maison blanche, accrochée sur un piton rocheux au-dessus de Kalamata dans le Péloponnèse. Maria avait alors 20 ans. Jeune femme désargentée, la situation de fille au pair - sorte de gouvernante du 20ème siècle - lui avait permis de réaliser un rêve inaccessible : voyager vers un pays au sable blanc, aux eaux vertes et scintillantes, peuplées de dauphins bondissants et joyeux. De plus, la photo de Pauline et Florent, souriants, avait achevé de la convaincre, elle qui aimait tant les enfants. Boucles blondes et yeux clairs, les faux jumeaux levaient avec gourmandise leurs visages d’anges vers l’objectif. Patron d’une société d’import-export athénienne, trop occupé, l’oncle lui avait envoyé le cliché, accompagné d’une offre d’emploi avec prise en charge de l’éducation de sa nièce et de son neveu. Depuis, Maria emportait cette photo partout avec elle. Elle avait appris que les parents – le propre frère de l’homme d’affaires et sa femme - étaient morts dans un accident d’hélicoptère depuis peu. Le chagrin fraternel et son manque de liens avec Pauline et Florent avaient incité l’industriel à choisir une personne jeune, d’à peine une dizaine d’années de plus que l’âge de la fratrie. Dans le courrier, il lui était fait promesse qu’elle aurait toute autonomie dans ses décisions à la seule condition, de ne jamais, au grand jamais ennuyer l’oncle avec des problèmes de quelque nature que ce soit. Un chauffeur, une cuisinière, une intendante et un jardinier seraient aux ordres de Maria, qui percevrait un salaire princier, versé régulièrement par un fondé de pouvoir basé dans la capitale grecque.

Comment ne pas rêver avec les noms d’Argos, de Tripoli, de Sparte ? Billets, argent, adresse, l’avaient propulsée dans le cours d’un voyage inattendu. Le trajet en taxi d’Athènes à Corinthe se fît dans une sorte de torpeur somnolente. Maria se réveilla brusquement quand elle passa le canal. Comme un astronaute posant pour la première fois le pied sur la lune, elle traversa, sidérée, les hauteurs de la presqu’île. Elle qui n’avait jamais quitté sa banale campagne plate et peu rythmée par une tendance à la monoculture, elle découvrait des montagnes arrondies, une terre locale couleur de sable et d’ocre, des buissons aux verts profonds, bleutés. Des oliviers, des amandiers, des buissons de jasmins semblaient saluer son arrivée. Et la mer, aperçue parfois, la percuta de son immense bloc de bleu strié de fils blancs. Entre deux émerveillements, elle éplucha par le menu ses nombreux doutes jusqu’à se retrouver sans voix, la main sur la sonnette de sa nouvelle demeure. Comment était-elle arrivée là ? Au loin, sur la route, disparaissait son « carrosse » dans un nuage de poussière. Le soleil se perchait au-dessus du monde lancé comme une toupie à la dérive. Une dame avenante accueillit Maria avec effusion. Derrière la petite femme replète, dans la pénombre fraîche du vestibule, apparurent les deux chérubins, gracieux dans leurs luxueux vêtements. Ils se tinrent non loin des jupes de Mme Molia, qui se révéla être l’intendante, et regardèrent Maria avec une des yeux curieux où se pressaient de nombreuses questions muettes.

Pourquoi la nounou précédente avait-elle abandonné ces êtres si adorables ? Incompréhensible selon Maria. Elle progressait dans la maison, libérée de la pression de la lumière ardente. Pauline lui prit la main pour l’amener à sa chambre tandis que l’intendante partait donner des instructions à la cuisinière pour le déjeuner. Les murs blancs, les voilages aériens, les grandes baies vitrées ouvrant sur une terrasse couverte envahie de feuillage pour préserver la fraîcheur, son nouvel environnement étonnait et enchantait Maria. La petite main de Pauline la tirait d’une pièce à l’autre, où elle lui présentait gaiment les merveilles, les livres, les meubles simples et beaux, les objets collectionnés, sa propre chambre, celle de son frère, où celui-ci, lové dans un fauteuil rond, couvert de lin clair, lisait les aventures de la jungle. Dans un tourbillon de froufrous, Pauline continua sa course sans lâcher Maria et l’entraina dans un escalier étroit dont les petites fenêtres rondes formaient un cadre idéal sur le bleu minéral du paysage marin. Arrivées sur le toit plat, Pauline marqua un temps pour permettre à Maria de reprendre son souffle et admirer le point de vue sur la beauté brute du bleu allié au blanc.

Pendant la visite menée au pas de course, Maria avait eu l’impression d’entendre le faible miaulement d’un chat. Elle posa la question de la présence d’un tel animal dans la maison. La petite, sans répondre, lui tourna le dos et s’engagea dans la descente. Maria la suivit. Marche après marche, elle constata que l’escalier en bois ne grinçait pas. Mais le chat, lui, avait l’air de pleurer. Ses vocalises montèrent dans l’aigu. Mme Molia, interrogée, assura qu’il n’y avait pas un tel animal dans la maison. Au dîner, Maria, épuisée par le voyage se demanda si elle n’avait pas mal interprété les sons entendus, le félin s’étant finalement tu. Au cours du repas, les enfants racontèrent mille choses, consentirent au programme exposé par Maria pour la journée suivante. A la condition de commencer par une descente à la plage.

La jeune femme fut la dernière à aller se coucher. Seule l’intendante restait dormir sur place. Elle avait rapidement rejoint sa chambre au-dessus du garage vide, laissant la nouvelle venue prendre possession des lieux. Les autres domestiques logeaient à Kalamata et quittaient les lieux vers 19 heures. Maria alla s’installer sur la terrasse pour profiter de la vue sur le couchant. L’air était doux. Les enfants dormaient déjà comme des bienheureux. Allongée sur son lit, Maria souriait. La nuit fut parfaite. Longue, reposante. Le beau clair de lune berçait le monde. Par la fenêtre restée ouverte, le parfum du jasmin apportait une touche délicate et parfaite à ce tableau idyllique.

Maria fut réveillée le matin vers sept heures par un faible miaulement. Lointain, puis à mesure que le soleil s’élevait, le son se rapprocha. Cette fois, la jeune femme ordonna à Pauline et Florent de lui indiquer où se trouvait l’animal. Les bruits lui donnaient l’impression que la bête était enfermée dans la maison. Des grattements furieux succédaient à des cris plaintifs. Le plus surprenant était qu’aucun des deux enfants ne répondaient aux exigences pressantes de Maria. Ils la contemplaient. Non. Leurs têtes multipliaient les signes de dénégation.

A la faveur d’un répit de l’étrange phénomène, elle décida d’appliquer le programme peu chargé de la journée et de remettre à plus tard sa quête. Aller à la plage atténua le malaise diffus installé entre Pauline, Florent et leur nouvelle fille au pair. Après une expédition par un chemin escarpé, Maria, devancée par les enfants surexcités, découvrit la chaleur du sable sous ses pieds. Elle tint son chapeau de paille d’une main et ses paniers de serviettes, livres, et jeux de l’autre pour apprécier sa découverte d’un bord de mer. Ses poumons s’emplissaient d’air sec, saturé de sel, d’iode et de soleil. A distance, l’eau balançait ses remous blancs avec douceur. Après le long premier bain de mer de sa vie, Maria s’allongea avec bonheur et gratitude sur sa serviette et s’abandonna à la mollesse du sable.

Le silence soudain des enfants la glaça. En levant les yeux de son livre, elle les vit debout, figés, fixant la paroi de pierre derrière elle. Ils avaient laissé leurs jeux dans le sable où ils s’amusaient à tracer avec un bâton une figure complexe. Sans doute, leurs prénoms ou un paysage, destinés à être balayés par les vagues. Mais à présent, quelque chose attirait leur attention dans les rochers. Maria se leva à son tour pour tenter d’apercevoir ce qui les paralysait.

D’abord, elle ne comprit pas ce qu’elle voyait. Une petite forme jaune, aux poils collés, sales, descendait le chemin raide de la paroi. Il apparaissait et disparaissait dans une transparence spectrale. De temps à autre, la petite créature jetait un regard vers le groupe d’humains et miaulait plaintivement. Maria comprit qu’elle voyait enfin le chat tant recherché et se mit à crier. Le voyait-elle vraiment ou était-il le fruit de son imagination ? Maintenant, les enfants avaient l’air de désigner l’animal, puis dansaient, riaient, reprenait une farandole débraillée. Ils échappèrent à chaque tentative de Maria de les attraper pour les interroger. Le soleil baignait la scène hystérique de sa folie.

Maria changea de tactique. Elle se précipita pour monter les marches de pierres chauffées à blanc. Les cailloux roulaient sous ses pieds durcis par la colère. Elle allait leur montrer. Attraper le chat était la seule solution pour obtenir une explication, une bonne fois pour toutes. En gravissant la pente, elle se sentait fatiguée, comme si cela faisait des jours, des mois, des années qu’elle usait ses sandales sur la voie abrupte, qu’elle tentait d’obtenir une réponse à ses demandes. Avec le chat en main, elle finirait bien par savoir le fin mot de l’histoire.

Daniel fit une pause dans son récit. Seul le grincement d’un ressort du canapé fatigué perça le silence. La respiration des uns et des autres se faisait légère. Aucun bruit incongru ne vint plus troubler l’attention de l’auditoire. Le vieil homme dispersa un peu les braises pour qu’elles puissent lécher le morceau de chêne qu’il venait d’offrir au foyer. Il s’assit lourdement et s’enfonça dans son fauteuil pour reprendre le cours des évènements.

Jamais Maria ne trouva le chat. Dans un premier mouvement, elle se dit qu’elle redescendrait bien dire à Pauline et Florent sa façon de penser. Elle préféra les obliger à la rejoindre pour retrouver ensemble la bête, sûrement cachée quelque part entre le sommet du piton rocheux et la terrasse. Elle se pencha pour les appeler. Et recula, le poing dans la bouche, la surprise courut en chair de poule à la surface de sa peau rougie au soleil de midi.

Mme Molia et tous les domestiques s’étaient absentés. Maria, sidérée par ce qu’elle avait vu en bas, se reprit et commença à explorer la maison vide pour tenter de localiser l’origine des miaulements à leur maximum d’intensité. La vision du chat dessiné sur la plage, bien identifiable restait gravé sur sa rétine aveuglée de lumière. Les enfants avaient bien vu la même chose. Ou le même démon ? Des grattements acharnés, des cris étranglés la menèrent sous l’escalier menant au toit. Les contours d’un placard apparurent dans la pénombre. La porte fermée ne présentait pas de clé. Maria fouilla la maison, à la recherche d’elle ne savait quoi. Une lampe de poche posée sur une étagère dans la cuisine et un tournevis trouvé dans un tiroir du cellier lui semblèrent utiles dans son entreprise. Elle revint au placard. La lumière du jour était à son apogée. Malgré cela, l’espace sous l’escalier était sombre. La jeune femme se sentit frissonner. La lampe de poche posée au sol, elle entreprit de se servir du tournevis pour forcer le bois et la serrure. Dans un craquement démesuré, la porte finit par céder. Le placard béait, vide, étanche et sinistre. Maria, à genoux, prit la lampe de poche pour éclairer l’endroit. De profondes éraflures avaient marqué les planches des parois et de la porte. Ce qui avait été enfermé là, avait lutté âprement, de toutes ses forces, pour rester en vie. En vain. Un sanglot sec s’échappa de la bouche de la jeune femme. Les miaulements et grattements continuaient à se faire entendre. Comment était-ce possible ? Le fantôme d’un chat mort depuis longtemps… Sa souffrance résonnait-elle comme écho de son éternelle agonie ? Qui avait pu soumettre un animal à un tel supplice ? Certaine à présent de ne pas rester une minute de plus dans cet endroit infernal, elle referma la porte, se mit debout, récupéra la lampe de poche et le tournevis et s’apprêta à se retourner.

Ils se tenaient là, épaule contre épaule. Pauline et Florent. Ils souriaient. Pauline regarda son frère et pouffa dans sa jolie main fine. Florent se redressa, fier et sûr de lui, ses yeux, solaires, forcèrent Maria à reculer.

- C’est vous ? Ce chat… c’est… c’est vous qui l’aviez enfermé ? Comment avez-vous pu… C’est vous qui … ?

Maria ne finit pas sa phrase et tomba évanouie lorsque les deux anges hochèrent la tête d’un air entendu…

Dans le petit salon, les convives se taisaient. Que dire ? Puis un brouhaha de murmures monta avant de laisser la place à des exclamations éparses. La dame de compagnie restait assise, tête baissée, digne devant le feu, à côté de Daniel. Tous les autres s’ébrouèrent avant de se rhabiller et se préparer à rentrer chez eux. Ils remercièrent leur hôte pour l’accueil généreux dont il avait su faire preuve, compte tenu de la météo. La route du retour, à coup sûr, serait le théâtre de commentaires croisés, sur les faits et gestes des personnages du récit pour mieux revivre les frissons et l’excitation nés de l’histoire. L’orage s’était éloigné et un petit vent de mer poussait gentiment les habitants un peu hébétés vers leurs foyers respectifs.

Le vieil homme à présent debout devant la cheminée, considéra sa voisine qui restait pensive. Il se mit en quête de deux verres largement évasés qu’il emplit de whisky tourbeux. Il en offrit un à Maria et fit tourner le sien avec lenteur. Bien installés, Maria et Daniel se regardèrent, puis réprimèrent un rire. La dame de compagnie considéra le feu et ajouta dans le silence :

- Et dire que je n’ai jamais mis les pieds en Grèce. Remarque, j’aurais bien voulu. Mais la Californie m’a suffi. Assez de soleil pour ma vie entière.

Le jour n’allait pas tarder à se lever. Daniel murmura à l’intention du feu et de sa voisine :

- La prochaine fois, je mettrai un bébé à la place du chat…

(Outrageusement inspiré de “The Turn of the Screw” d’Henry James)