24 - Minuscule

Minuscule

Oui, minuscule comme nos vies dans l’immensité qui les entoure, minuscule comme cet univers que nous foulons de nos pieds sans y prêter attention. C’est un voyage que je vous propose aujourd’hui, un ailleurs à explorer depuis ce confinement réédité qui ne peut emprisonner ni notre mémoire, ni notre imagination et nous laisse à voir finalement beaucoup plus qu’on ne le pense.

Eloge du rien

Une histoire ou plutôt un souvenir personnel : Dans les années 1990 je vivais en Afrique centrale, près de Brazzaville. Dans la touffeur moite de l’équateur, je découvrais pour la première fois de ma vie l’ennui, l’enfermement. Je n’avais jamais ressenti ça auparavant. A 40 ans, devant le paysage époustouflant du fleuve Congo, de ses rapides, des iles et des collines du Zaïre, et en dépit de ma vie famille, j’étais la plupart du temps seule et désœuvrée dans un confinement qui sans dire son nom, en avait tous les aspects. A distance de la ville dont le premiers soubresauts de la guerre civile à venir me tenaient éloignée, je ne recevais plus ni livre ni journaux et la télévision locale ne diffusait en boucle que les débats du parlement. Les routes quand elles étaient praticables, ne menaient nulle part. J’habitais « une île en terre ». C’est à cette époque qu’un ami congolais, un passeur de livres, m’offrit ce petit recueil édité chez Fata Morgana « Eloge du rien de Christian Bobin ». Une petite lumière venait de se glisser dans la nuit congolaise. "Èclaire ce que tu aimes, sans toucher à son ombre." (…) Tout ce qui n'est pas moi et qui m'éclaire. Tout ce que j'ignore et que j'attends. L'attente est une fleur simple. Elle pousse au bord du temps. (…) (…) Ne rien prévoir - sinon l'imprévisible. Ne rien attendre - sinon l'inattendu. (…) Seul l'amour donne un sens à ma vie, en la rendant à elle-même insensée. ( …) l'amour n'est rien que cette brûlure, comme au blanc d'une flamme. Une éclaircie dans le sang. Une lumière dans le souffle. Rien de plus. Et pourtant il me semble que toute une vie serait légère, penchée sur ce rien. (…)

Proposition A

Avec votre âme philosophe, à la manière des premiers textes de Christian Bobin, faites peau neuve en redécouvrant ce qui se trouve à portée de votre regard, de vos pas, parlez-nous de ces riens dans votre vie. Ecrivez sous forme de fragments ou de liste, ce que vous offre le vide, l’absence, l’ennui… l’inespéré ou encore vos bonheurs minuscules, vos découvertes, vos réflexions.

Le territoire, Proposition B

A l’aide d’un compas dessinez ce fameux kilomètre autour de vous et délimitez ainsi votre périmètre autorisé. C’est le moment de vous l’approprier, de l’explorer dans le moindre détail. Je vous propose de vous glisser dans la peau d’un journaliste ou d’un explorateur et de dresser la carte des lieux avec maisons, chemins, rues, routes, fermes, magasins ou autres et de nous présenter votre territoire et ses éventuels habitants tel qu’il est en ce mois de novembre 2020.Vous pouvez utiliser ce site très pratique pour votre calcul : https://www.calcmaps.com/fr/map-radius/ (Le document : 1 km à partir de Longny au Perche. )

Gulliver et les Lilliputiens Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift. Jonathan Swift (né le 30 novembre 1667 à Dublin, en Irlande, et mort le 19 octobre 1745 dans la même ville) est un écrivain, satiriste, essayiste, pamphlétaire politique anglo-irlandais.

Le texte intégral : https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Voyages_de_Gulliver/Texte_entier

Proposition C : Vous vous réveillez un matin dans un monde étrange dont vous êtes l’intrus. Géant au milieu des lilliputiens, projeté dans l’histoire, le temps ou l’espace décrivez-nous ce voyage, son décor, ses habitants à la manière d’un Swift du XXI ème siècleVos propositions sont à me retourner par mail avant le vendredi 13 novembre. En pièce jointe (Word ou open office) et chaque texte enregistré en précisant bien votre nom et la référence de la proposition : 23ABéatrice

Très bon week-end à tous !

Amicalement

Sybille

Prochain atelier le vendredi 20 novembre.