26B - Véronique K. Albert Camus

4 JANVIER 2010

En ce 4 Janvier 2010, nous nous souvenons qu’il y a 50 ans mourrait Albert Camus. Il nous laisse en héritage des livres, des pièces de théâtre, des nouvelles qui demeurent actuelles pour penser la société. Son oeuvre conserve toute son épaisseur et l’attrait pour notre génération tient autant à sa liberté de ton, qu’à ce qui parcourt ses écrits. Pour lui, la vie conduit à la mort…. c’est l’absurde. Alors, il montre, au fil de ses livres et de ses pièces que la vie ne prend sens qu’avec l’action: vivons puisque de toute façon, l’éphémère est là. Né en Algérie, il avait 2 ans lorsque son père, engagé sous les drapeaux, meurt, le laissant seul avec une mère qui faisait des ménages. C’est chez sa grand-mère qu’il vécut, dans le quartier Bel Court à Alger. Il fut repéré et aidé par son instituteur de l’époque, Monsieur Germain, dont il louera toujours la mémoire. Ayant pu, grâce à lui, accéder aux études supérieures, il partit pour la France et fit une belle rencontre avec le philosophe Jean Grenier qui lui donnera la possibilité de se frotter à Husserl, à Kierkegaard et aussi Jasper. Mais il critiquera cette phénoménologie car ce n’est pas une fin en soi; seule, l’action donne un sens à la vie. Il lui fallait créer car créer, c’est vivre deux fois. Son premier roman-l’étranger-, en 1942, est suivie ensuite d’un livre important:-le monde de Sisyphe-. Dans ses livres, ce qui transpire, c’est son effort pour rester lucide et ne pas systématiser le monde. Il se méfiait d’ailleurs des discours dogmatiques et n’appartint jamais à aucun courant. C’était aussi un intellectuel engagé qui dénonça toute forme de violence, Hiroshima, la guerre d’Algérie; il ne donna aucun crédit au communisme, ce qui le sépara de Sartre avec qui il avait fait un bout de chemin. Et, s’il se savait atteint par la tuberculose, cela a sans doute redoublé son envie de vivre pleinement. Il s’engagea dans le journalisme avec «Combat» pendant la 2ième guerre mondiale, journal de résistance et après la guerre, se rapprocha des courants libertaires. Il nous laisse en héritage, de nombreux romans: -la peste-, -le mythe de Sisyphe-, -la chute-,-l’homme révolté-, le premier homme-,-la mort heureuse-, lettres à un ami allemand- et bien d’autres.

Il écrivit aussi des pièces de théâtre, des nouvelles et c’est d’une actrice, Maria Casares qu’il tomba éperdument amoureux malgré un 2 ème mariage avec une institutrice oranaise, Francine, dont il eut 3 enfants. Et s’il ne divorça jamais, sa relation à Maria dura jusqu’à sa mort. On compte plus de 800 lettres qui furent publiées post-mortem. Cette relation épistolaire nous donne à voir sa sensibilité, ses sentiments très forts, mais aussi sa personnalité complexe et intègre. Son actrice fétiche, Maria à qui il confia le premier rôle dans-les justes- et -les possédés- ne le quitta jamais malgré moult (es) ruptures.

Pour cette œuvre magnifique, il reçut en 1957 le prix Nobel de littérature.

Si Albert Camus, dont nous honorons la mémoire nous touche autant, c’est parce-qu’il touche en chacun le désir de vivre, de s’engager et d’être fidèle à ses idées.

Homme de conviction, il enseigne que la vie est une absurdité si on ne se bat pas pour plus de justice, lui qui avait enduré la vie pauvre des algériens et avait été ulcéré par la différence de traitement entre les colons(les vrais français) et les autres(la population pauvre, algériens et une partie de la population française de souche qui n’avaient pas bénéficié des avantages des autres colons).

Il partit définitivement d’Algérie, laissant une mère qu’il aimait tendrement mais ne voulait pas quitter ce pays qu’elle considérait comme sien.

Albert Camus ne mourut pas de la tuberculose, mais d’un accident de voiture alors qu’il reprenait la route du midi vers Paris.

Albert Camus, alors que 50 ans se sont écoulées, vous nous manquez encore aujourd’hui, mais votre œuvre est là, précieusement à la disposition de tous. Merci pour ce que vous nous avez laissé comme enseignement.