26B - Anne P - Mandela

L’année de ta naissance a coïncidé avec la fin d’une guerre fratricide en Europe.

Tes parents pouvaient-ils imaginer que l’enfant qu’ils venaient de mettre au monde, aurait un destin douloureux et une notoriété qui dépasserait les frontières…

A ce jour, Nelson Rolihlahla Mandela a rejoint le royaume des ombres depuis de nombreuses années dans la paix et la sérénité, éprouvant nous l’espérons la satisfaction d’une vie accomplie. Il avait conscience qu’un long chemin restait à accomplir pour engendrer un monde égalitaire.

Les siens le surnommaient ‘’Madiba’’ nom du clan auquel il appartenait. Il eut la chance de bénéficier d’une éducation à l’occidentale et d’obtenir par son travail et sa volonté un diplôme d’avocat. A l’aube de sa jeunesse, il prit conscience des inégalités qui existaient dans son pays sur le plan racial et la pauvreté. Ces éléments déclenchèrent sa volonté de les combattre. Il ne se détourna jamais de cette ligne de vie, même au prix de sa liberté !

Un sourire bienveillant éclairait son visage, il manifestait une empathie naturelle dans ses paroles. Par le biais de son métier d’avocat il mena une lutte acharnée pour l’anéantissement du racisme et pour l’émergence d’une égalité entre les hommes quelle que soit la couleur de leur peau ! travail titanesque, il faut le reconnaître ! Tâche réclamant une énergie sans faille et sans limite…

Afin de s’opposer et d’être entendu des autorités gouvernementales, son combat exigea un engagement politique et la formation d’un parti d’opposition…Rien ni personne n’aurait pu le faire renoncer à son serment moral ! Il traçait son chemin sans faiblesse, au péril de sa vie.

Quoique ‘’homme non violent’’ il ordonna la lutte armée, afin de combattre un régime autoritaire, celui de l’apartheid en Afrique du Sud, qui ne respectait pas les libertés individuelles du peuple ! Survint son arrestation et sa condamnation aux travaux forcés à perpétuité ainsi que celles de nombreux de ses soutiens.

Commença son emprisonnement sur l’ile de Robben pendant dix-huit années, puis s’ensuivirent neuf autres, dans un pénitencier près du Cap, une épreuve à laquelle peu d’hommes auraient eu la force de caractère et la capacité de résister !

Il supportera ce régime inhumain sans fléchir ! Rien ne pourra briser sa volonté et sa détermination dans l’adversité.

Son endurance morale inébranlable engendre l’admiration !

Difficile d’imaginer qu’un être humain résiste à l’enfer de nombreux sévices pendant vingt-sept ans ! Des travaux physiques ardus et répétitifs infligés sans relâche, endurer le comportement dégradant des gardiens !

Vient se superposer le pire châtiment : l’isolement affectif complet maintenu pendant de nombreuses années. Aucune visite, aucun courrier. Le seul objectif visé par les autorités : vous briser et vous anéantir physiquement et moralement.

Au bout de dix ans, une petite lumière s’alluma : autorisation d’adresser une lettre tous les six mois à votre femme et vos enfants ! Terrible douleur d’apprendre la mort de votre mère et de l’un de vos fils, l’emprisonnement temporaire de votre femme… Les rares courriers qui vous parviennent en retour, présentent parfois des découpages afin d’éliminer les passages mentionnant les nouvelles sur la vie politique de votre pays.

Malgré la dureté des conditions d’emprisonnement que l’on vous fait subir, vous résistez et manifestez étonnamment un esprit de bienveillance et d’humour dans vos écrits ! Vos objectifs politiques demeurent intacts et votre esprit de combat aussi virulent. Vous continuez à incarner le symbole de la lutte des Noirs contre la discrimination raciale.

Les instances internationales commencèrent à s’émouvoir du régime d’apartheid qui régnait en Afrique du Sud et s’inquiétèrent de votre emprisonnement.

L’arrivée au pouvoir du président Frédérik De Klerc déclencha votre libération en 1990. Il faut mentionner l’énergie et l’esprit de négociation que vous déploierez pendant une année avec le soutien du Président, afin de parvenir à l’abolition de l’Apartheid. Le prix Nobel vous sera attribué à tous deux, juste récompense pour le combat d’une vie.

Quel destin étonnant ! Après une détention douloureuse, à 77 ans il devient le premier président noir d’Afrique du Sud. Un honneur et une charge politique et humaine d’une grande ampleur. Il s’attaquera à aplanir les relations entre les Noirs et les Blancs dans un esprit de conciliation, luttera inlassablement contre les inégalités sociales et la pauvreté. Dans maintes circonstances, il témoignait d’une grande simplicité dans l’exercice de sa fonction et d’une écoute attentive aux requêtes qu’il recevait de ses concitoyens. Un tempérament bienveillant l’habitait, sans esprit de revanche malgré les souffrances subies.

Son sourire rayonnant illuminait son visage. Sa générosité et sa bonté resteront inscrites dans nos mémoires…

Il se consacra inlassablement à sa tâche de réconciliation avec intelligence et courage jusqu’à l’anéantissement de ses dernières forces.