26B - Françoise L - Sylvestre

citSylvestre

Anne, ma sœur Anne, en ce mois de décembre tu es entrée dans notre panthéon intime. Ils ont été nombreux à te rendre hommage, des hommes reconnus, des femmes renommées. Ils n’oublieront pas tes refrains, toi dont la préférence allait à ceux « qui doutent, jamais trop écoutent ». Tu étais sur scène, toute droite, debout avec ta guitare, tes longs cheveux laissant deviner ton nez. Ce nez qui sied si bien à ton caractère sans compromissions, sans séductions. Esprit affuté, tes chansons sont ciselées, peaufinées. Tu traçais ta route, dégagée des systèmes, engagée contre l’hypocrisie, les faux-semblants, la pruderie. Tes paroles ont défendu les enfants en devenir, les femmes incertaines, les hommes fragiles, sans oublier la lassitude des mères , les amours décalés. Toi-même, tu avais connu très tôt la honte. Indomptable, tu poursuivais ta route, célébrant la tendresse, les amis d’autrefois, la romanée-conti, la fille du vent et la pluie qui mouille. Les années ont passé, chevelure flamboyante et regard clair, tu écrivais « pour ne pas mourir ». Tu chantais, infatigable malgré tes peines « pour tenter de dire ». Tu nous a consolé de nos chagrins, tu as séché nos larmes de douleur. Dans le brouillard de nos nuits, au fil de nos jours, nous entendrons comme une prière: « S’il vous plaît faites vous léger …

Ce n’est que moi,

C’est elle ou moi …

Une sorcière comme les autres. »

Merci Anne.

Françoise L.