27 - La fin des mondes

La fin des mondes

Pour ce dernier atelier de l’année, j’ai souhaité vous proposer un thème qui mériterait qu’un stage de plusieurs jours lui soit consacré. Je veux parler de La science-fiction, un genre littéraire qui consiste à imaginer un monde futur en s’appuyant sur les progrès de la science ou plus exactement comme le dit un de ses plus grands auteurs, Philip K. Dick : « notre monde disloqué par un certain effort mental de l’auteur, c’est notre monde transformé en ce qu’il n’est pas ou pas encore (…). La dislocation doit être conceptuelle, et non simplement triviale ou étrange … » Ph.K. D

A - La science-fiction ne date pas d’hier en effet celle que l’on considère comme l’auteure du premier livre du genre n’est autre que Mary Shelley. Je ne peux résister à l’envie de vous raconter la romanesque histoire de ce premier roman et des circonstances de son écriture : Le livre s’intitule : Frankenstein ou le Prométhée moderne est publié pour la première fois en Angleterre le 1er janvier 1818, anonymement. Mary Shelley née Godwin, n’est alors âgée que de 20 ans. Elle est la fille du philosophe et écrivain William Godwin, précurseur notamment de la pensée anarchiste, sa mère, Mary Wollstonecraft, morte lors de la naissance de Mary, était une des pionnières du féminisme anglais. Mary est donc une jeune fille anglaise lettrée, qui s’abreuve des écrits et discussions du cercle d’amis de son père. Lorsqu’elle y rencontre le poète Percy Shelley en 1814, celui-ci est marié n’a pas encore la renommée littéraire de son ami Lord Byron. En juin 1816, pour fuir le scandale dû à son couple illégitime, Percy Shelley décide d’enlever la consentante Mary Godwin pour passer l’été au bord du lac Léman dans la villa de Lord Byron. Mary emmène avec elle sa belle-sœur, maîtresse de Byron lui aussi en fuite pour fuir des scandales. C’est lors d’une soirée d’orage particulièrement lugubre, que Lord Byron lance une idée de jeu : une joute littéraire fantastique sur base de leurs lectures collectives d’histoires de fantômes, très à la mode à l’époque.

L’histoire : En expédition vers le pôle Nord, Robert Walton adresse à sa sœur des lettres où il évoque l'étrange spectacle dont il vient d'être témoin depuis son bateau : la découverte, sur un iceberg, d'un homme en perdition dans son traîneau. Invité à monter à bord, Victor Frankenstein raconte qu'il n'est venu s'aventurer ici que pour rattraper quelqu'un - qui n'est autre que la créature monstrueuse qu'il créa naguère, et qui s'est montrée redoutablement criminelle.

Ce roman fantastique annonce la science-fiction et, depuis près de deux siècles, n'a cessé de susciter un sublime effroi - de terrifier, donc, mais surtout de séduire.

Citations : « Une sinistre nuit de novembre, je pus enfin contempler le résultat de mes longs travaux. Avec une anxiété qui me mettait à l'agonie, je disposai à portée de ma main les instruments qui allaient me permettre de transmettre une étincelle de vie à la forme inerte qui gisait à mes pieds. Il était déjà une heure du matin. La pluie tambourinait lugubrement sur les carreaux, et la bougie achevait de se consumer. Tout à coup, à la lueur de la flamme vacillante, je vis la créature entrouvrir des yeux d'un jaune terne. Elle respira profondément, et ses membres furent agités d'un mouvement convulsif. »

Proposition A : A l’aide de la dernière technique moderne, imprimante 3 D ou grâce à des outils perfectionnés tout droit sortis de votre imagination, votre héros ou héroïne confectionne un objet remarquable dans le louable but d’aider ou de résoudre les difficultés ou les problèmes de ses contemporains. Malheureusement, l’objet crée échappe à son créateur ou créatrice et ses pouvoirs le rendent incontrôlables. Vous nous racontez la fabrication de l’objet, son élaboration et la manière dont celui-ci va devenir autonome pour le meilleur ou pour le pire…

B - La nuit des temps de Barjavel

René Barjavel (1911 – 1985) est un écrivain et journaliste français, principalement connu pour ses romans d'anticipation. La nuit des temps est paru en 1968.

L’histoire : Dans l'immense paysage gelé de l’Antartique, les membres des Expéditions Polaires françaises font un relevé sous-glaciaire. Un incroyable phénomène se produit : les appareils sondeurs enregistrent un signal. Il y a un émetteur sous la glace... Et bien plus que cela un monde oublié une civilisation éteinte depuis 900 000 ans.

Citations : Lentement, lentement, la main de l’ingénieur faisait descendre au signal, de l’aigu au grave, toute l’échelle des fréquences. Quand il parvint à la limite des infrasons, ce fut comme une masse de feutre frappant toutes les quatre secondes la peau d’un tambour gigantesque. Et chaque coup faisait trembler les os, la chair, les meubles, les murs de l’Unesco jusque dans leurs racines. C’était pareil au battement d’un cœur énorme, le cœur d’une bête inimaginable, le cœur de la Terre elle-même.

Proposition B – Que vous ayez lu ou non ce magnifique roman, je vous propose d’imaginer une sorte de suite imprévue. Un des plus jeunes membres de cette expédition aurait trouvé à l’écart des autres, une « capsule de temps » une sorte de message codé de ce monde perdu qu’il aurait dissimulé et gardé secret. Ce message qu’il a cherché à déchiffrer pendant 30 ans, il le révèle enfin, rendant publique sa découverte, mais aussi son contenu

C – Ubik de Philip K. Dick Ubik publié aux Etats Unis en 1969, est un roman complexe qui mélange de nombreuses thématiques : les limites de la vie et de la mort, les pouvoirs psychiques, le voyage temporel, les univers parallèles mais également le matérialisme. Dans l'univers de 1992, les machines remplacent les employés. La société est totalement régie par l'argent. Quel est donc ce monde où les portes et les douches parlent et n'obéissent aux ordres qu'en retour de monnaie sonnante et trébuchante ? Un monde où les morts vivent en animation suspendue et communiquent avec les vivants dans les "moratoriums". C'est dans cet univers que Glen Runciter a créé un organisme de protection contre les intrusions mentales : télépathie, précognition, para-kinésie. Joe Chip, un de ses employés, est chargé de monter un groupe de "neutraliseurs" de pouvoirs "psy", afin de lutter contre ce qui semble être une menace de grande envergure. Citations : "La porte refusa de s'ouvrir et déclara : - Cinq cents, s'il vous plaît. A nouveau il chercha dans ses poches. Plus de pièces ; plus rien. - Je vous paierai demain, dit-il à la porte. (Il essaya une fois de plus d'actionner le verrou, mais celui-ci demeura fermé.) Les pièces que je vous donne, continua-t-il, constituent un pourboire ; je ne suis pas obligé de vous payer. - Je ne suis pas de cet avis, dit la porte. Regardez dans le contrat que vous avez signé en emménageant dans ce conapt. Il trouva le contrat dans le tiroir de son bureau ; depuis que le document avait été établi, il avait eu besoin maintes et maintes fois de s'y référer. La porte avait raison ; le paiement pour son ouverture et sa fermeture faisait partie des charges et n'avait rien de facultatif. ""Le passé est latent, il est submergé mais toujours là, capable de remonter à la surface si les identifications ultérieures, par malheur et contrairement à l’expérience naturelle, disparaissent. L’homme contient, non pas l’enfant, mais tous les autres hommes antérieurs […]. L’histoire a commencé il y a bien longtemps. "

Proposition : Vous vous éveillez un matin là où vous vivez actuellement mais vous réalisez que vous avez été projeté en 2050. Vous habitez au même endroit mais le décor est différent, le monde est régi par d’autres règles, d’autres lois, d’autres relations entre les humains et même les animaux. Vous pouvez écrire au présent de préférence une écriture blanche, sans affect, essentiellement descriptive.

D – Poésie surréaliste. Pour ceux et celles que la Science-fiction rebuterait, une quatrième proposition, une invitation à redécouvrir André Breton et la poésie surréaliste de cet auteur Ornais… né à Tinchebray. https://www.poemes.co/andre-breton.htmlCitation : le poème FEMMES AU BORD D'UN LAC A LA SURFACE IRISÉE PAR LE PASSAGE D'UN CYGNE - CONSTELLATION Leur rêverie se velouté de la chair d'une pensée proportionnée aux dimensions de l'œil cyclopéen qu'ouvrent les lacs et dont la fixité fascina qui devait se faire le terrible héraut du

Retour Éternel.

Le beau sillage partant du cœur innerve les trois pétales de base de l'immense fleur qui vogue se consumant sans fin pour renaître dans une flambée de vitraux.

Ce sont les oratoires sous-jacents, plus que profanes, où se retirent les belles, chacune dans son secret.

Elles s'y rendent en tapis volant, sur le merveilleux nuage d'inconnaissance.

C'est là que la vapeur des alambics fait ruche et que le bras, qui reflète à s'y méprendre

Je col de cygne, pointe tout distraitement sur l'angle du miel.

Plus, entre les mots, la moindre brise : le luxe est dans la volupté. —

Toute femme est la

Dame du

Lac.

André Breton

D - Proposition : Ecrivez un poème libre dans l’esprit des surréalistes sur l’univers, les constellations

Merci de m’adresser votre ou vos textes pour le 8 janvier. Cela vous donne le temps de faire quelques recherches et de rédiger tranquillement après ces fêtes de fin d’année qui seront certainement un peu particulières pour beaucoup d’entre vous…

Comme d’habitude votre texte sera enregistré avec votre nom et la ref de la proposition, sur fichier word ou open office.

A très bientôt j’ai encore une fois, hâte de vous lire !