28C - Dominique B - La fête, toujours…

L’homme, efflanqué dans son pantalon de vieille toile bise,

Echappé libre, voudrait gambader sur le bitume mité du chemin.

Enivré d’espace, ses yeux gobent le ciel infini de la nuit.

Il marche avec application, de trous en plaques grises,

Et délaisse sans intention le ruban étiré sous la lune.

Sourire au vide suspendu entre ses bras pour rêver de la bourlingue.

Vadrouiller, faire dérailler la droite et divaguer la gauche,

Calomnier le Nord pour le perdre mieux, errer au bras du soir.

Les mottes inégales hachent sa lente démarche brouillonne.

Le vague du terrain déshonore ses pas.

Là-bas, les lumières bleues s’enroulent aux ombres mouvantes.

Sa gorge humiliée d’une barbe hérissée pleure un mot.

« Fête…». Ses mains décharnées valsent une musique absente,

Dansent dans la morne balançoire des gyrophares de l’ambulance.