28A - Séverine L - Beltane ou Walpurgis

Beltane ou Walpurgis ?

Et si j’organisais une fête ?

Une fête pour la nuit des sorcières.

Moi qui ne suis, comme dirait Anne Sylvestre, « rien qu’une sorcière comme les autres ».

Ce serait un peu une fête en ton honneur, Anne, toi qui viens si récemment de nous quitter…

Une fête à toutes les sorcières, rien que des femmes comme les autres.

Pour la nuit des sorcières, la nuit de Walpurgis.

Oh, bien sûr, nous n’enfourcherons pas nos balais pour nous réunir en sabbat sur un lieu de sacrifice.

Qu’aurions-nous à sacrifier, d’ailleurs, je vous demande un peu…

A moins que… ouais ! Nous ferions un feu de joie et nous y jetterions tout ce qui nous a gênées durant l’année précédente : la peur, les virus, les masques soit disant chirurgicaux, la vieillesse qui arrive, la pauvreté dans le monde, les enfants sous les bombes, tout, quoi !

Et si j’organisais une fête ?

Autour des feux de joie il y aurait des danses (païennes, cela va sans dire) pour célébrer la fécondité, la fertilité et la féminité.

Pour plus de sûreté, il faudrait bien le lendemain, jeter du sel et de l’eau bénite sur le pas de la porte pour protéger la maison des esprits mauvais.

Non, pas d’eau bénite.

Pas de sel non plus : les sorcières conviées ne seront que de bonnes sorcières, et elles seront suffisamment fortes et nombreuses pour faire fuir les malfaisants.

Ni sel ni eau bénite, c’est dit.

La maison sera bien assez protégée par les branches de bouleau accrochées devant chaque ouverture.

Nous ferions brûler des torches de genévrier et de romarin pour purifier les lieux et nous imprégner de leur parfum.

Nous réinventerions l’encens…

Ouais, c’est comme ça ! Je vais organiser une fête !

Ou alors on pourrait réinventer les fêtes de Beltane….

Il y aurait un mât que nous irions fleurir de guirlandes, de fleurs et de rubans.

Nous allumerions des feux (Encore ! me direz-vous. Mais oui, nuit de Walpurgis en Germanie ou feux de Beltane en Gaule, c’est du pareil au même)

Oui, mais la nuit de Beltane est avant tout une ode à la fertilité et entend bien la célébrer.

C’est la nuit où le jeune Arthur, sous l’apparence du Dieu-Cerf, s’est uni à sa sœur Morgane, vierge incarnation de la Déesse-mère. Nuit où fut conçu leur fils Mordred, qui devra un jour défier le vieux cerf afin de prendre sa place.

C’est la nuit ou chacune et chacun, main dans la main cherche l’ombre des buissons pour célébrer l’union du Dieu et de la Déesse.

Je vais organiser Beltane…

Je vais…

Non, un peu de modestie.

Il y aura bien un cercle de sorcières.

Il y aura sans doute une soupe de sorcière.

Et aussi quelques sorciers.

Mais pour sacrifier à la beauté et à la créativité, nous offrirons en partage ce qui nous plait, nous réjouit ou nous émeut.

Une histoire, un conte, un poème, une chanson, de la musique, des rires, de l’amitié.

Stop ! Nous n’irons pas plus loin !

Nous sommes civilisées, que diable !

Alors retenez votre soirée du 30 avril au 1er mai.

J’organise une fête.