30 - L'autre dans le roman - Jour de neige

A- roman autobiographique, le point de vue du narrateur

Vous avez lu ces deux romans autobiographique ou l’un des deux, dans ce cas, je vous propose un petit travail sur le « point de vue » en changeant le narrateur. Bien entendu vous avez toute liberté de faire évoluer ces personnages selon votre inspiration, vos envies, votre humour etc…

L’amant de Marguerite Duras « Je lui dis que (..) je suis dans une tristesse que j'attendais et qui ne vient que de moi. Que toujours j'ai été triste. Que je vois cette tristesse aussi sur les photos où je suis toute petite. Qu'aujourd'hui cette tristesse, tout en la reconnaissant comme étant celle que j'ai toujours eue, je pourrais presque lui donner mon nom tellement elle me ressemble. (…) Cet amour insensé que je lui porte reste pour moi un insondable mystère. Je ne sais pas pourquoi je l'aimais à ce point-là de vouloir mourir de sa mort. J'étais séparée de lui depuis dix ans quand c'est arrivé et je ne pensais que rarement à lui. Je l'aimais, semblait-il, pour toujours et rien de nouveau ne pouvait arriver à cet amour. J'avais oublié la mort. »

Proposition A 1

Vous êtes l’amant de la Chine du Nord et vous devenez le narrateur de ce roman. Dans un long monologue (à la première personne du singulier bien sûr) vous racontez à la manière de Marguerite Duras et dans le même ton, l’amour ou le désir, pour elle, « la petite »… C’est le même roman c’est juste le narrateur qui change. Vous racontez la rencontre, ses robes, le décor ou vos rendez-vous, un peu de votre vie aussi…

Vipère au poing d’Hervé Bazin

« J'entre à peine dans la vie et, grâce à toi, je ne crois plus à rien, ni à personne. [...]Celui qui n'a pas cru en sa mère, celui-là n'entrera pas dans le royaume de la terre. Toute foi me semble une duperie, toute autorité un fléau, toute tendresse un calcul. Les plus sincères amitiés, les bonnes volontés, les tendresses à venir, je les soupçonnerai, je les découragerai, je les renierai. L'homme doit vivre seul. Aimer, c'est s'abdiquer. Haïr, c'est s'affirmer. Je suis, je vis, j'attaque, je détruis. (…)

"Nous partageons tout, hormis le privilège de la virilité, que le ciel lui a refusé par inadvertance et qu'elle usurpe allègrement. Il n'est aucun sentiment, aucun trait de mon caractère ou de mon visage que je ne puisse retrouver en elle. Mes trop grandes oreilles, mes cheveux secs, ma galoche de menton, le mépris des faibles, la méfiance envers la bonté, l'horreur du mièvre, l'esprit de contradiction, le goût de la bagarre, de la viande, des fruits et des phrases acides, l'opiniâtreté, l'avarice, le culte de ma force et la force de mon culte… Salut, Folcoche ! Je suis bien ton fils si je ne suis pas ton enfant.

Proposition A2

Vous êtes Paule Guilloteaux (1890-1960) alias Folcoche Ou Paule Rézeau du roman d’Hervé Bazin. Vous avez la parole, c’est à vous de raconter votre vie de femme et de mère auprès du « Père », et de vos fils, le narrateur Jean dit Brasse-Bouillon et ses frères l'aîné Frédie, et Marcel le benjamin. Sur le même ton que l’auteur vous prenez la parole en tant que Folcoche ou Paule. A la première personne du singulier, vous décrivez votre vie, votre amertume, votre projet, ce que vous auriez pu aimer et enfin votre haine, vos désillusions et votre sentiment maternel. C’est également le même roman mais vu par Folcoche

Jour de neige Comment ne pas évoquer la neige aujourd’hui pour ceux qui ont eu la chance de se réveiller dans sa lumière ? La neige ne se ressemble jamais, cette nuit elle volait, sèche, froide et légère et ce matin, les congères accumulées par le vent scintillent au soleil. La neige parait installée pour longtemps mais ce n’est qu’une illusion. Prenez le temps de la décrire, de la situer dans vos souvenirs ou dans votre quotidien. Poème ou prose, comme vous le souhaitez. Je vous laisse avec ce beau poème d’Yves Bonnefoy

« J’avance dans la neige, j’ai fermé

Les yeux, mais la lumière sait franchir

Les paupières poreuses, et je perçois

Que dans mes mots c’est encore la neige

Qui tourbillonne, se resserre, se déchire. »

Yves Bonnefoy, Début et fin de la neige

Vous m’enverrez votre ou vos textes dûment enregistrés sous Word ou open office à votre nom avec la référence de la proposition pour le vendredi 19 février par mail.

Bien entendu je suis à votre disposition pour toute question à propos des propositions de cet atelier n°30

Bonne fin de semaine à vous tous

Sybille