30B - Pascale G - Jour de neige

Un jour de neige à Passe-Rose

La chute a commencé dans l’après-midi vers 17 heures, des petits flocons très légers voltigent dans l’air glacé et viennent s’agglutiner sur le sol gelé en un saupoudrage ténu. Vers 20 heures, les flocons deviennent beaucoup plus denses et transforment le saupoudrage en une couche de 5 cm.

Avant d’aller me coucher, je me hasarde avec précaution sur le perron tout blanc et je prends des photos de cette blancheur immaculée et toute scintillante. Je pars en expédition hésitante autour de la maison, la neige crisse sous mes pas. La table et les bancs de l’auvent sont nappés de blanc comme pour un souper de fête ainsi que le Duster garé sur le parking.

Le vrai miracle se produit le lendemain matin lorsque j’ouvre mes volets. Tout est plus blanc que blanc, inondé de soleil sous un ciel bleu sans nuage. Le paysage a changé. La mare est gelée et opaque, elle ne reflète plus le héron en métal imperturbable dans son élégance.

Après son manteau vert de printemps et d’été, le jaune ocré d’automne, Passe-Rose a revêtu son manteau blanc d’hiver, ce n’était pas arrivé depuis 4 ou 5 ans. Mes empreintes de pas de la veille au soir sont effacées, tout est vierge.

Je risque une promenade sur le chemin conduisant au verger avec des bottes en caoutchouc bien crantées. Le silence est optimal. Je respire à fond cet air léger, froid et pur. Seules les empreintes de pattes d’oiseaux et de chevreuils ainsi que celles de mes pas s’imprègnent sur le sol. Tous les champs, à perte de vue, sont blancs, les labourés ressemblent à de la crème Chantilly.

J’éprouve une certaine exaltation pour ce moment présent féérique qui m’est offert. Merci.

Pascale Grilliat