33 - Corinne B. Rencontres fraternelles

Rencontres fraternelles.

Le long couloir sépare le jour de la nuit. Moi j’ai une chambre seule. Mes frères dorment ensemble.

Le soir de temps à autre ils glissent hors de leur lit et mes rejoignent pour que je leur raconte un histoire. Ils ont une odeur particulière, difficile à décrire.

Les livres m’ont accompagné depuis ma plus tendre enfance. Livres des années trente aux histoires édifiantes et aux dessins somptueux. Trop petite je le déchirais et je regrette qu’on m’ait donné des si beaux objets si jeune.

J’avais aussi des poupées. Je m’en souviens de deux.

Cicciobello était chauve, nu et noir. C’était mon bébé noir, je l’aimais beaucoup. Il sentait la gomme et je pouvais le laver, le dorloter, puis un jour il a disparu, je ne me souviens plus de sa fin.

L’autre poupée, anonyme en quelque sorte, a été celle qui m’a fait arrêter de jouer aux poupées pour toujours.

Je ne sais plus quelle bisbille avait causé une énième dispute entre nous. Ils jouaient aux indiens, ils avaient du m’emmerder avec leur turbulence, ils avaient du me provoquer; je me souviens que pour relever un défi maintenant oublié, je pris un stylo et marquai le front de ma poupée avec le Z de Zorro.

Ils avaient été frappés d’admiration. Mon standing remontait de plus belle.

A partir de ce moment, je devais avoir 8 ou 9 ans, les jouets ont peu à peu perdu de leur importance, s’ils n’en ont jamais eu.

Les cowboys et les indiens, jouer au docteur avec ma meilleure amie.

Lire et puis lire et encore lire. La seule chose qui me passionnait autant était de courir dans les champs l’été. Mes jouets devenaient alors les insectes que je capturais avec différentes ruses pour en faire des ‘Tableaux vivants’. Les animaux ont pris la place des jouets.

Les lézards,

Les têtards,

Les grillons,

Les escargots

Les souris des champs

Et ainsi de suite, mes vrais jouets pendant l’été.

L’hiver c’était les livres dans le fauteuil profond de ma chambre.

Je n’ai peut être pas rempli les consigne du texte mais enfin c’est comme ca.

Les jouets c’est loin…

A la cave je conserve les jouets en bois de mes enfants dans l’espoir qu’un jour ils me comblent avec des nouvelles innocences et odeurs.

Pas de plastique pour nous.