34 C- Pascale G - Un passe-temps

Un passe-temps.

Régulièrement je suis envahie par un intense désir de créer, de m’exprimer à travers la musique, la peinture, l’écriture, l’art floral japonais et peut-être un jour la sculpture. Tout dépend de mon état d’esprit et de mon inspiration. Un certain besoin de me défouler en est probablement la cause. Je me laisse alors guider tout à fait librement par mes pulsions et je crée avec mes petits moyens et mon manque de savoir- faire, aucune importance.

En 1983, j’écrivais déjà dans mes petits carnets le désir que j’avais de réunir la musique et la peinture dans une création artistique très personnelle. Il faudra attendre 25 ans pour que je tente de le faire !

En effet, pour moi, la musique évoque le son bien entendu mais aussi la couleur. Les formes, le temps et le mouvement y sont étroitement mêlés. J’ai eu envie de peindre la musique. Rien de plus facile. Il suffit de se laisser aller. Placer un grand carton, une planche de bois ou une toile sur une table ou sur le sol. Prendre un gros pinceau ou utiliser ses mains, les tremper dans des pots de peinture acrylique. Mettre un CD, l’écouter en fermant les yeux, bien se concentrer et peindre ce que j’entends.

A travers les sons je perçois les courbes et les ondulations, l’horizontalité et la verticalité, des formes géométriques. La musique contient à elle seule une respiration, une fréquence et des silences. De multiples nuances se partagent la rapidité et la lenteur, la force et la faiblesse, le rapprochement et l’éloignement. Les mélodies sont jalonnées de répétions servant de repères à l’auditeur et d’hésitations à peine formulées. Les passions et la sensualité se décomposent dans la langueur et la profondeur pour atteindre la mesure et la démesure. Les amples volutes musicales s’élancent dans la gaieté ou la tristesse, la violence ou la douceur, la légèreté ou la lourdeur.

La peinture engendre toutes ces sensations et émotions émanant du son. Elles deviennent alors visuelles, matérialisées et presque abouties dans le temps et l’espace. Elles sont ancrées dans une représentation formelle et abstraite que je décide de leur donner au moyen du pinceau ou de mes mains. Au bout d’un certain temps, je m’aperçois que la gestuelle est limitée dans l’espace et ne se renouvelle pas mais ce passe-temps est une expérience personnelle et unique de chef d’orchestre transformé en peintre mimant la musique et son écoute transposée.

Ainsi, le 1er mouvement de la symphonie du Nouveau Monde de Dvorak est matérialisé en une grande gerbe bleue verticale sur fond blanc. Quant au Prélude de Tristan et Isolde de Richard Wagner, quelle ne fut pas ma surprise en ouvrant les yeux de découvrir des volutes en forme de cœur !!

Essayez, vous verrez c’est magique !