A - Corinne -Olga Bunzl - un Café

J’ai sept ans. Mon premier café se situe dans le sud de l’Espagne, ou nous sommes partis en vacance. En voiture d’Italie, maman, grand père et l’oncle, celui même qui pendant ce voyage me jettera dans l’eau profonde sur une plage quelconque, l’oncle honni l’homme sans sensibilité.

Le café donc. Il est plein de monde. Tout est blanc, lumière aveuglante; je suis debout près du comptoir et autour de moi je ne vois que des jambes, la partie inferieure des jambes. Des jambes et des papiers. Haute comme trois pommes.

L’endroit est bruyant, éclats de voix, langue étrangère, des odeurs de gras émanent des papiers gris et blancs froissés jonçant le sol en profusion. Des chiens passent et reniflent, lèchent, sont chassés.

C’est le début de l’été, il fait chaud, la corrida va commencer ou vient de finir. Excitation palpable. J’ai du m’accrocher, on ne m’a pas oublié. 60 ans après il n’y a que les papiers, l’odeur, la lumière. Ainsi est fait le souvenir.

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