38 - Une île

Pour ce nouvel atelier en ligne et dernier atelier de juin, je vous propose d'écrire sur l'Ile, de l'île que nous portons en nous comme un rêve d'enfant aussi bien que celle de nos souvenirs ou encore celle du pire, l'enfermement car une île ça peut être aussi une "île en terre", un village au milieu d'une forêt impénétrable, un ville au milieu de nulle part, ou encore l'exil, l'isolement.

A - L'île de l'oubli

Un paria des îles de Josef Conrad

C'est l'histoire nocturne, ténébreuse, d'un homme qui a failli, Willems, et que son maître, le célèbre capitaine Lingard, condamne à rester captif de la forêt équatoriale, à une cinquantaine de kilomètres de la mer.

Willems est littéralement englouti par la forêt, par l'amour dévorant d'une femme indigène, Aïssa, et par son propre chaos intérieur.

« Ainsi qu'une femme magnifique et dénuée de scrupules, la mer autrefois resplendissante dans ses sourires, irrésistible dans sa colère, capricieuse, captivante, illogique, irresponsable, objet d'amour, objet de crainte. Elle vous tenait sous le charme, vous donnait la joie, vous engourdissait doucement jusqu'à vous faire éprouver une foi sans borne ; puis, dans un coup de colère sans motif, elle vous tuait. Mais sa cruauté était rachetée par le charme de son insondable mystère, par l'immensité de ses promesses, par le suprême ensorcellement de ses faveurs possibles.

Il était dompté par l'immense cataclysme de sa déroute. Ainsi que la plupart des hommes, il avait porté dans son coeur, solennellement, l'univers entier, et la fin prochaine de toute choses par la destruction de sa propre personnalité le remplissait d'une crainte sacrée qui le paralysait. Tout s'écroulait. »

A – Proposition Fiction

Tel Ulysse, vous êtes arrivé sur une île enchanteresse et vous découvrez un jour que vous ne pouvez plus la quitter soit quelque chose ou quelqu’un vous retient prisonnier soit tous les moyens de quitter l’île sont impraticables. Décrivez la progression des événements en créant une tension dans votre récit, l'évolution de vos sentiments, de sensation dans cette île sur l’île dont vous êtes prisonnier.

B - L'ile imaginaire

Le chercheur d’or de Jean-Marie Le Clezio

Le narrateur, Alexis, a huit ans, quand il assiste avec sa sœur Laure à la faillite de son père et à la folle édification d'un rêve : retrouver l'or du corsaire, caché surl Île Rodrigues.

« J'ouvre les yeux, et je vois la mer. Ce n'est pas la mer d'émeraude que je voyais autrefois, dans les lagons, ni l'eau noire devant l'estuaire de la rivière du Tamarin. C'est la mer comme je ne l'avais jamais vue encore, libre, sauvage, d'un bleu qui donne le vertige, la mer qui soulève la coque du navire, lentement, vague après vague, tachée d'écume, parcourue d'étincelles. »

B – Proposition Fiction, fantastique

Votre île est avant tout imaginaire. Vous voguez vers elle en rêvant de ce qui vous attend, vous la dessinez et elle finit par exister vraiment c’est l’île que vous portez en vous. Décrivez-là, son relief, ses couleurs, les mers qui l’entourent, ses villages, son climat, les animaux qui la peuplent, ses légendes… et l'endroit où vous avez choisi d'habiter, votre lieu.

C – L'île de l'enfance

L’île d’Arturo – Mémoires d’un adolescent Elsa Morante

L'Ile d'Arturo, c'est tout l'univers secret de l'enfance et de l'adolescence, mais c'est également, dans le golfe de Naples, l'île de Procida. Arturo y a grandi solitaire et sauvage. Au monde merveilleux des mythes de son enfance, Arturo va peu à peu voir se substituer celui, hostile et pourtant exaltant, des réalités.

« Ma maison n'est pas très loin d'une petite place presque citadine (ornée, entre autres choses, d'un monument en marbre) et des habitations groupées du village. Mais, dans ma mémoire, elle est devenue un lieu isolé, autour duquel la solitude crée un espace énorme. Elle est là, maléfique et merveilleuse, telle une araignée d'or qui aurait tissé sa toile iridescente au-dessus de l'île toute entière. »

C – Proposition Mémoire

Chaque souvenir est comme une île que nous revisitons. Reprenez la route de cette "île d'enfance", décrivez la maison d’un été, la cabane d'une saison, votre refuge d'enfant. Décrivez ce lieu en visiteur ému qui retourne sur ses pas en insistant sur les détails et les souvenirs ou sentiments qu'il vous inspire.

Merci de m'envoyer votre ou vos textes avant le vendredi 25 juin. Par mail en pièce jointe (Word ou open office) A très bientôt je me réjouis de vous lire... Sybille