47A- Diana W. - Figée

47 A

Figée

Une résine, un voile léger, une toile d’araignée

Me voici engluée emprisonnée

La lourdeur de mes membres la douleur enserrée dans mon crâne

Ce silence fait de hurlements de silence et d’appels au secours

Cet aller sans retour

Ce sens unique oblitérant mes sens

Cette absence imitant la présence

La gorge serrée un étau brûlant suffocant enserrant

Mes cordes vocales qui se figent sans espoir

Je tente de soulever ma tête et n’obtiens que lourdeur à la nuque

N’obtiens qu’une souffrance fulgurante et cette force

Gravitale invincible et fatale qui me calcifie

Me paralyse

M’invite à renoncer à plier à me rendre à sa puissance

Qui suis je pour la défier ?

Aucun frémissement aucune vaguelette sur la surface de cette horreur

Un lac glacé dont je devine le goût salé que je sentirais sur ma langue

Si seulement je pouvais bouger

Où suis je ?

Pourquoi ?

Depuis quand et pour combien encore ?

Le temps si fugace est lui aussi enserré dans le béton du cauchemar

Dans la fossilisation de ce monde parallèle où je suis égarée

Mes appels secouent et brisent toutes les barrières de ma tête

J’en deviens sourde

J’en deviens folle

Une brise un mouvement un souffle et tout serait réparé

Mais rien ne viendra me délivrer de ce piège irréel

Rien ne pourrait intervenir dans la calcification de mes os

Rien ne pourrait arrêter en plein vol les errynies de mes rêves secrets

Une solution seule et absurde commence à pointer dans mes espoirs de liberté

Briser ce piège gluant le dissoudre à jamais

Me reveiller

Mais suis je du côté du rêve ?

Suis je de l’autre côté du miroir ?

Les abysses mouvantes et noires m’appellent et me happent

Je plonge sans désir de remonter