51 - A l'abri des mots

A l’abri des mots

Pour ce 51 ème atelier, je vous propose de découvrir ou redécouvrir le livre de Thoreau, le philosophe américain, premier écologiste surement mais bien plus que cela. En 1845, Henry David Thoreau part vivre dans une cabane construite de ses propres mains, au bord de l’étang de Walden, dans le Massachusetts. Là, au fond des bois, il mène pendant deux ans une vie frugale et autarcique, qui lui laisse tout le loisir de méditer sur le sens de l’existence, la société et le rapport des êtres humains à la Nature. Une réflexion sereine qui montre qu’il faut s’abstraire du monde et de ses désirs pour devenir réellement soi-même. "Walden ou la vie dans les bois » est un monument de l'histoire littéraire américaine à l'immense postérité.

Plus que jamais face aux réalités douloureuses et angoissantes du monde, nous avons besoin d’un espace de réflexion, de liberté pour nous retrouver et vivre « au jour le jour ». La cabane des bois de Walden est un symbole de liberté intérieure plus que celui d’une fuite, un espace d’imagination que je vous propose d’investir pour vous-même, le temps de cet atelier.

La cabane de D. Thoreau

Etang de Walden

Citations extraites du livre que je vous invite à lire :

« Bien lire, c'est à dire lire des livres vrais, dans un esprit vrai, est une activité noble, susceptible de mettre le lecteur davantage à l'épreuve que n'importe quelle autre activité communément estimée de nos jours. Elle requiert un entrainement comparable à celui des athlètes, et nécessite que l'on en fasse le point focal du dévouement de presque toute une vie. Les livres doivent être lus avec les mêmes concentration et circonspection que celles avec lesquelles ils furent écrits. (…)

Soyez un Christophe Colomb pour des continents et des mondes entièrement nouveaux situés à l'intérieur de vous-mêmes, ouvrez de nouvelles voies navigables, non pas pour le commerce, mais pour la pensée. (…)

La plupart des hommes mènent une existence de désespoir tranquille. Ce qu’on appelle résignation est un désespoir absolu. (…)

Être philosophe, ce n'est pas seulement nourrir des pensées subtiles, ni même fonder une école, mais aimer la sagesse au point de vivre selon ses exigences; c'est vivre une vie de simplicité, d'indépendance, de magnanimité et de confiance... (…)

J'appris au moins ceci par mon expérience: que l'on avance avec confiance dans la direction de ses rêves, si l'on s'efforce de vivre la vie que l'on a imaginée on trouvera un succès inattendue dans la vie ordinaire. (…)

Ce n'est que lorsque nous sommes perdus, en d'autres termes lorsque nous avons perdu le monde que nous commençons à nous trouver, que nous comprenons où nous sommes et l'étendue infinie de nos relations. (…)

Aucune méthode ni aucune discipline ne peut rendre caduque la nécessité d'être perpétuellement en alerte. Que vaut un cours d'histoire, ou de philosophie, ou de poésie, aussi soigneusement choisi soit-il ; que valent la meilleure compagnie, ou les plus admirables des habitudes de vie, comparées à la discipline qui consiste à s'astreindre à toujours regarder ce qu'il y a à voir ? Serez-vous un lecteur, un simple étudiant, ou serez-vous un voyant ? Lisez votre destin, voyez ce qu'il y a devant vous, et marchez vers l'avenir. (…)

Pour la plupart, nous sommes plus seuls quand nous sortons parmi les hommes que quand nous restons dans notre chambre. (…)

Je me demande ce que fait le monde en ce moment. Voilà trois heures que je n’ai même pas entendu la moindre sauterelle dans les fougères. (…)

Comme si l'on pouvait tuer le temps sans insulter l'éternité. (…)

A - Proposition fiction

Votre lieu est imaginaire, c’est une cabane dans les bois, un refuge en montagne, ou encore une roulotte face à la mer. Vous êtes parti pour une raison quelconque, rupture, besoin de solitude ou de calme.

Vous vous y installez, décrivez les lieux, dessinez le plan des lieux (et photographiez le pour me l’adresser avec votre texte) ce que vous avez choisi d’y emporter, les livres ou autres. Quels sont les liens que vous gardez avec le monde ? Quels repères et enfin qu’attendez-vous de ce séjour ? Quelles sont vos craintes ? Vos espoirs ? Ou tout simplement que découvre-vous de vous-même ou des autres au fil des jours ?

B – Une chambre à soi

Vous n’avez jamais eu besoin de partir pour rejoindre votre monde intérieur, il vous attend entre quatre murs, face à une table ou devant un livre. Selon un des grands principes des stoïciens grecs, « on ne peut pas changer la réalité mais notre regard sur la réalité ». Vous avez choisi de retrouver ce lieu pour vous transformer, pour parvenir à faire quelque chose qui vous tient à cœur. Une réussite ? Réinventer le monde ? Le voir différemment ? Comment vous y prenez-vous ? Vous pouvez dessiner « votre chambre à soi » ou la photographier pour me l'envoyer avec votre texte.

Retour de votre ou vos textes par mail en pièce jointe (en Word ou open office, image en jpeg). Date limite le lundi 21 mars 2022.

A bientôt et très bonne semaine !