18A - Corinne LN -

CESAR

Je ne m’attendais pas à avoir un tel coup de foudre en arrivant dans la baie de Cadaquès. Le village d’une blancheur immaculée, accroché aux derniers ressauts des montagnes pyrénéennes se détache sur la mer d’un bleu céruléen. La lumière est magique, les bateaux tanguent dans le port sur les reflets du ciel et le soleil se noient dans ce décor opalescent.

En fait, je n’avais jamais mis les pieds en Catalogne jusqu’à hier matin mais la vie réserve parfois de belles surprises. Il y a une semaine jour pour jour, j’ai reçu le coup de fil déconcertant d’un notaire Barcelonais. Ce monsieur, qui parlait français presque sans accent, était chargé de m’annoncer que j’étais l’unique héritière d’un dénommé César Campadros résidant à Cadaques qui me léguait à la fois sa maison et son chien. J’ai d’abord cru à une plaisanterie et, avec ma fille Julie qui étudiait sur le canapé à côté de moi, nous avons été prises d’un fou rire communicatif. Mais le notaire est resté très calme au bout du fil et nous avons fini par nous rendre à l’évidence, il ne s’agissait pas d’un canular. Après avoir posé, non sans mal, quelques jours de vacances dans l’entreprise de bâtiment dans laquelle j’assure le secrétariat, j’ai donc pris la route pour Barcelone dans ma vieille Peugeot rouge, priant le ciel pour qu’elle ne me lâche pas en chemin. Julie aurait adoré m’accompagner mais elle prépare assidument son concours de première année de médecine. Je suis très fière de ma fille, jolie, intelligente, travailleuse, aussi blonde que je suis brune, elle me ressemble pourtant beaucoup. Avec son père, horloger de son état, nous avons divorcé quand Julie n’avait que dix ans car j’ai vite réalisé qu’il ne vivait que pour son travail mais le caractère heureux de Julie et notre divorce amiable l’ont protégée.

A mon arrivée à Barcelone sous une pluie battante, j’ai trouvé sans encombre mais un peu par hasard le cabinet notarial dans le centre-ville. Ayant perdu ma mère récemment, partie en quelques mois d’une leucémie foudroyante, je m’attendais à des difficultés administratives telles que nous les connaissons dans notre bonne vieille France. J’espérais surtout quelques explications sur les raisons de cet héritage inespéré mais le notaire, fort aimable par ailleurs, s’est montré peu bavard, une gageure pour un espagnol. Il m’a simplement fait signer quelques papiers avant de m’expliquer que tout était en ordre, que je n’avais aucun droit à payer et il m’a remis sans cérémonie, une unique et longue clé ainsi que l’adresse de la maison.

« El senor Campadros vous a laissé une lettre pour tout vous expliquer », voilà tout ce que j’ai pu obtenir en réponse à mes questions. Après avoir passé une nuit agitée dans un hôtel propret mais bruyant, je me suis jetée sur la route ce matin dès potron-minet. J’avais projeté de passer par le Cap de Creus et ses criques dont le guide du routard décrit la grande beauté mais j’étais bien trop impatiente et intriguée.

Et me voici au bout de mon voyage en apnée devant le paysage qui s’offre à moi. Le notaire m’a prévenue gentiment, nous sommes le premier samedi de juin, le jour de la « fera de Indianas », la fête des cubains, et Cadaquès est en effervescence. Je réussis néanmoins à garer ma voiture dans un mouchoir de poche sur un parking bondé, j’enfile un grand chapeau fleuri sur mes cheveux bruns coupés à la garçonne, je remonte mes lunettes de soleil et je me lance d’un pas vif sur les traces du dénommé César à la recherche de la maison tombée du ciel. Sur le front de mer, on se croirait à Cuba, la foule est dense et l’ambiance torride. Abandonnant l’idée de boire une menthe à l’eau dans un café bondé, je me fraye un passage entre les passants surexcités, les danseurs aux tenues légères et colorées et les fanfares exotiques.

Le notaire m’a parlé d’une maison surplombant le village près de l’église Santa Maria. J’aperçois le clocher et j’entame mon ascension dans les ruelles pavées, éblouie par l’éclat de la chaux blanche qui couvre les maisons fleuries aux volets bleus. Je rase les murs espérant trouver un peu d’ombre entre les bougainvilliers et les figuiers de barbarie dont les fruits mûrs s’écrasent au sol. Perdue dans ce labyrinthe de rues escarpées, j’ai l’impression d’escalader une montagne un jour de canicule. Je m’arrête un instant devant une statue de Dali mais il n’y a pas âme qui vive pour me renseigner, tout le monde est à la fête. Je grimpe rapidement, portée par l’excitation, et quand j’arrive enfin dans la calle San Pedro je n’ai plus un fil de sec. Il ne me reste plus qu’à trouver le numéro 22. Eberluée, je m’arrête devant une grande maison d’angle aussi large que haute donnant sur une placette tranquille. Je m’attendais à une maisonnette, peut-être une ruine, non en fait je m’attendais à tout et n’importe quoi mais pas à cette belle et vaste demeure. N’y tenant plus, je glisse la clé dans la serrure en priant le ciel de ne pas me faire dévorer par un doberman. Une petite boule de poil fauve de race indéterminée se jette dans mes jambes en jappant et en remuant la queue tant et plus. Après avoir répondu à ses transports de joie, je pénètre dans une vaste pièce parquetée en prenant soin de bien refermer la porte. La pièce est fraiche et dans une demi-pénombre. J’entrouvre les volets ajourés sur la chaleur torride de ce milieu de journée. Tout semble parfaitement en ordre, comme si le propriétaire devait revenir d’un instant à l’autre, pas un gramme de poussière, la maison est parfaitement tenue et je respire même des effluves de cire fraiche. Sur la table recouverte d’un napperon brodé, une lettre m’attend en effet dans une assiette en céramique. Mon nom est écrit sur l’enveloppe avec un mot en français : « Pour Magali Leroy et uniquement pour elle ». Mais, je n’y touche pas, je décide de faire d’abord le tour de la maison pour découvrir les lieux. Sur le buffet trône la photo encadrée d’un couple déjà âgé, un homme métis au regard profond entourant de son bras une femme frêle et souriante. A côté, celle d’une petite fille brune riant aux éclats dans les bras de ses parents, l’image d’une famille heureuse. Dans la cuisine attenante, carrelée de bleu du sol au plafond et fort bien équipée, la gamelle du chien est remplie d’eau fraiche. J’en déduis que quelqu’un s’occupe de lui et de la maison.

Je décide de passer à l’étage supérieur desservi par un escalier en bois assez impressionnant. Accrochée à la rampe cirée, je monte les marches lentement suivie par la boule de poil qui semble vraiment heureuse d’avoir de la compagnie. Au premier étage, un palier dessert deux grandes chambres très hautes de plafond. Dans la première, la fenêtre est ouverte. Je m’arrête un instant pour contempler la vue splendide sur la baie, bercée par les rythmes sud-américains qui montent du port. Le mobilier succinct se résume à une bonnetière, une commode en bois vernis et un grand lit couvert d’une courtepointe bleue avec au mur une superbe photo de l’anse de Cadaques un jour d’orage surplombée d’un crucifix piqué d’une fleur blanche. La pipe posée sur la table de chevet à côté du réveil matin donne le sentiment qu’on a dormi ici la veille. Je frissonne mais ma curiosité est la plus forte. Dans l’autre chambre les volets sont juste entrebâillés. Il s’agit sans nul doute de la chambre d’une petite fille avec une étagère couverte de poupées et de livres d’enfants, des étoiles argentées collées au plafond et des posters de chevaux punaisés au mur. Là aussi le lit est fait, bordé de draps fleuris, avec une lampe de chevet rose et un ours en peluche posé à côté de l’oreiller. Oui, c’est la chambre d’une fillette de sept ou huit ans, probablement la petite que j’ai aperçue su la photo en bas mais où est-elle?

J’ai soudain hâte d’ouvrir la lettre et d’éclaircir tous ces mystères mais, après un instant d’hésitation, je décide de poursuivre la visite à l’étage supérieur. L’escalier est plus étroit, il donne sur un vaste palier et une porte qui est fermée à double tour. D’abord déçue, je remarque une clé posée dans une coupelle sur un petit guéridon. La main tremblante, je m’apprête à l’introduire dans la serrure quand j’entends du bruit provenant du rez-de-chaussée. Je redescends l’escalier quatre à quatre mais avant même d’atteindre la dernière marche je tombe nez à nez avec une femme corpulente, vêtue d’une jupe et d’un corsage ajouré et coiffée d’un fichu noir qui me barre le passage les mains sur les hanches d’un air suspicieux. Le chien se roule de bonheur à ses pieds, c’’est certainement elle qui prend soin de lui depuis le décès de son maitre.

« Qui êtes-vous » me demande t’elle aussitôt et je remercie aussitôt le ciel d’avoir choisi l’espagnol comme seconde langue au lycée.

« Je m’appelle Magali Leroy »

« Magali, bien sûr c’est vous, vous lui ressemblez tellement »

Là, je me demande si j’ai bien compris mais la maitresse femme recule pour me laisser passer, soudain en veine d’amabilités.

« Je m’appelle Carmelita, je prends soin de la maison et du chien » « Pauvre monsieur César» ajoute- t-elle « quelle tristesse !»

Avec mes bribes d’espagnol, je lui demande ce qui s’est passé.

« Le pauvre» dit-elle après un instant d’hésitation « il s’est tué, il était trop triste, il a sauté du haut du phare de Calamans»

Je suis estomaquée, mon généreux donateur se serait donc suicidé. Epuisée par le voyage et l’émotion, je suis prise de vertiges. La pièce se met à tourner et j’ai à peine le temps de m’assoir sur la dernière marche. Carmelita m’apporte aussitôt un verre d’eau. Je lui assure que je vais bien car je ne veux pas en savoir plus pour le moment et j’ai envie d’être seule. Je veux juste finir la visite de la maison et lire la lettre qui m’est adressée. Carmelita semble le deviner car elle se dirige vers la porte et se retourne une dernière fois pour me saluer et marmonner quelques mots incompréhensibles, probablement en catalan, en secouant la tête tristement.

Après son départ, j’ai soudain une furieuse envie d’appeler Julie, de prendre mes cliques et mes claques et de rentrer dans notre trois pièces à Clamart pour y retrouver ma petite vie tranquille. Puis je songe à mon coup de cœur en arrivant ici, à la beauté irréelle des paysages et surtout au mystère qui entoure cette triste histoire qui ne semble pour le moment me concerner en rien. Je décide de finir mon tour du propriétaire. «Il faut savoir saisir ses chances » disait souvent maman. Elle m’a un jour avoué qu’elle avait quitté mon père, un mécanicien dans la marine marchande, quelques temps avant ma naissance car il était violent et elle avait peur pour moi. Du coup je n’ai jamais eu envie de le connaitre et j’ai longtemps eu peur des hommes. Et si tout cela avait un rapport quelconque avec mon géniteur ? Quoi qu’il en soit, je finirai bien par avoir le fin mot de l’histoire.

J’ouvre la porte mystérieuse pensant tomber sur un grand grenier mais je pénètre dans un cagibi encombré de malles, de livres et de jouets. Dominant ma phobie des araignées, je me dirige vers une autre porte plus discrète. J’entre dans une pièce tout en longueur si sombre que je suis obligée de d’allumer la lampe de mon portable et là je reste pétrifiée. Selon toute évidence, il s’agit d’un labo photo mais mon regard est happé par le mur en face de moi, un mur entier couvert de photos en noir et blanc, des photos superbes mais dérangeantes de la petite fille brune et d’autres de ma fille Julie enfant, puis les deux enfants côte à côte et enfin superposées. Ma fille est aussi blonde que la petite est brune mais la ressemblance est frappante. Je vacille, mon cœur bat à tout rompre. Il y a aussi d’autres photos de moi et de Julie dans la rue ou en promenade dans le bois de Meudon et d’autres plus récentes prises pendant nos vacances à la Baule. Toutes ces photos sont vraiment très belles, presque professionnelles mais j’ai l’impression d’avoir reçu un coup dans l’estomac. Soudain, je suis prise de panique avec une envie irrépressible de comprendre enfin ce qui nous arrive.

Je redescends l’escalier aussi vite que mes jambes me portent, j’attrape la lettre sur la table et je me précipite dans la rue. Le soleil est à son zénith, la chaleur étouffante mais je respire à nouveau. Je m’assois sur l’unique banc de la place, à l’ombre d’un platane, à côté d’un monsieur très âgé qui semble somnoler sous son chapeau mais qui me salue quand-même poliment d’un mouvement de tête. N’y tenant plus, j’ouvre en tremblant l’enveloppe mystérieuse. Elle contient une lettre écrite en pattes de mouche mais en excellent français sur une feuille recto verso. J’entame ma lecture et son contenu me laisse abasourdie :

« Chère Magali,

J’imagine ta surprise et ton désarroi mais, après avoir lu cette lettre, j’espère que tu me pardonneras à la fois mon départ précipité, tous ces mystères et ces nouvelles perturbantes que j’aurais voulu t’apprendre de vive voix. Je n’en ai hélas plus le courage. Tu comprendras aussi après avoir lu ces lignes pourquoi cette maison te revient de droit.

J’ai passé toute ma vie à Cadaques où j’ai fort bien gagné ma vie en photographiant les touristes l’été. Mes parents sont morts il y a maintenant plus de quinze ans et, avant de quitter cette terre, ils m’ont avoué que j’étais un enfant adopté. Je m’en doutais un peu car mon père était d’origine africaine et je ne ressemblais pas du tout à ma mère qui avait un physique bien particulier mais je les adorais et je n’avais jamais osé les questionner. Après leur départ, j’ai cherché à connaitre mes origines et grâce au test ADN, j’ai réussi. Si je te dis que je suis né le dix décembre mille neuf cent soixante-dix dans la clinique de la Sainte Conception à Paris»

Je pose un instant la lettre. Mes yeux s’embuent et mon cœur bat à tout rompre. Même jour que moi, même endroit, s’agit-il d’un échange d’enfant, mon Dieu ? Je reprends aussitôt ma lecture :

« La femme qui m’a mise au monde s’appelait Faustine Leroy. Et oui, tu l’auras compris, nous sommes jumeaux et notre mère a délibérément choisi d’abandonner un de ses enfants, sans doute faute de ressources ou de courage pour nous élever tous les deux. C’est quelque chose de difficile à accepter et pourtant je lui ai pardonné depuis longtemps. J’ai même souvent eu envie de la rencontrer et surtout de te connaitre ma chère soeur sans pour autant perturber vos vies tranquilles. »

Là mon cœur arrête de battre. J’ai, enfin j’avais, un frère et un frère jumeau, voilà pourquoi toute mon enfance je me suis sentie amputée d’une partie de moi, pourquoi j’ai tant souffert d’être fille unique. Je reviens à la lettre, le regard brumeux :

« J’ai découvert que tu avais une fille du même âge que la mienne et je voulais que ma petite Paloma puisse un jour rencontrer sa cousine et sa tante et peut-être connaitre sa grand-mère. Mais le destin en a voulu autrement et ma vie s’est arrêtée avec celle de Paloma il y a dix ans jour pour jour. Ma fille était un amour d’enfant, son seul défaut était d’être intrépide. Elle s’est noyée dans une crique sous le Cap de Creus. Je m’étais endormi au soleil épuisé par une nuit de travail et elle est allée se baigner toute seule, elle n’avait que huit ans et la mer était mauvaise. Je ne me le suis jamais pardonné. Ma femme en est morte de chagrin, pauvre Maria qui avait toujours été svelte et même longiligne, elle a pris cinquante kilos en quelques semaines et son cœur a lâché.

J’ai essayé de vivre sans elles deux, sans la tendresse, le rire de Paloma, sans le bonheur de la voir grandir. J’ai essayé aussi de venir te parler, je pensais profiter de vos vacances à la Baule. Je te promets que j’ai tenté maintes fois mais c’était trop difficile et surtout je n’en avais plus la force, pardonne moi.

Tu trouveras au deuxième étage de la maison toutes les photos que j’ai prises depuis bientôt quinze ans, des photos des petites qui se ressemblent tant puis d’autres de toi et de ta fille comme une continuité. En regardant grandir Julie, j’avais l’impression de voir grandir Paloma. J’espère que tu me pardonneras cette indiscrétion qui n’est que le reflet de mon désespoir.

Crois-moi si je te dis que j’aurais adoré te serrer sur mon cœur, que tu m’as manqué toute mon enfance sans que j’en ai vraiment conscience.

Sache que cette maison qui te revient a longtemps été la maison du bonheur et avec vous elle le sera encore que vous y veniez en vacances ou que tu décides de t’y installer, peu importe, mais, s’il te plait, ne la vends pas. Profite de ses murs solides et de la douceur de vivre à Cadaques et pense à moi de temps en temps. Carmelita saura vous aider à vous installer, c’est une maitresse femme mais elle a un grand cœur. Je te confie aussi Pipo mon petit chien, il est très affectueux et il n’a que deux ans. Je sais qu’avec vous, il sera heureux où que vous viviez. »

Soudain je sursaute, mon Dieu, dans mon affolement j’ai complètement oublié Pipo et j’ai laissé la porte de la maison grand-ouverte. Je baisse les yeux, le curieux petit chien est couché à mes pieds et il me regarde avec adoration. Les dernières lignes de la lettre m’arrachent des larmes incontrôlables :

« Ma très chère sœur, je n’ai pas eu le plaisir de grandir avec toi ni de te connaitre vraiment, c’était déjà bon de savoir que tu existais, de te croiser même de loin et c’est bon aussi de savoir que tu me survis et que cette maison que j’aime restera entre tes mains. Je vous souhaite tout le bonheur du monde, à toi et à Julie. Je pars avec le regret de ne pas t’avoir serrée dans mes bras mais c’est peut-être mieux ainsi, c’est plus facile pour moi de quitter ce monde trop douloureux. Je vais rejoindre ma petite fille.

Je t’aime, je vous aime.

A bientôt dans un monde meilleur

Ton frère César »

J’essuie les larmes qui coulent sur mes joues et sur la précieuse lettre. Pipo gémit comme s’il comprenait que son destin se joue maintenant. Soudain la musique de mon portable rompt le silence, c’est Julie. J’ai très envie de partager cette émotion avec ma fille mais comment lui raconter tout ça par téléphone. Je tape un texto :

« Tout va bien ma chérie, je dois rester deux ou trois jours à Cadaquès et je te raconterai tout en rentrant, c’est une histoire incroyable. Patience, je t’aime et je t’embrasse fort. Maman »

Depuis mon nouveau refuge sous le platane, je contemple la demeure de César qui est maintenant la nôtre en caressant les oreilles duveteuses de Pipo. Je ne sais pas encore à quel point notre vie va être bouleversée mais, c’est certain, pour moi rien ne sera plus jamais pareil. Je suis déjà amoureuse de la ville où mon frère a grandi, de sa beauté, de son soleil, de la méditerranée dans laquelle je rêve de plonger et je sais que je ne vendrai jamais cette maison. Je serai fidèle à son âme et à son histoire et un jour, c’est certain elle résonnera à nouveau de rires d’enfants et ses fenêtres seront à jamais ouvertes sur l’avenir.