18A -C Diana W. Deshéritage

Refus

D’accepter ce qui parait normal et échoit aux membres de cette famille qui n’a de famille que le nom, tribu ne serait pas adéquoit non plus car les membres en sont réduits au minimum, ce serait plutôt l’appellation d’Association de gens de mêmes us de mêmes superstition de mêmes idées conçues ou préconçues, bref pourquoi s’acharner à nommer famille ce qui n’en a même pas l’apparence ?

Dehérité… Ton grand père fut déshérité pour avoir refusé de se plier aux lois et principes de ses pairs, ce refrain je l’ai tant et tant entendu et ceci car il choisit l’amour d’une femme androgyne, étrangère, belle et roturière de surcroît. Non chez nous on les engrossait mais ne les épousait pas, non mieux vaut un bâtard légitimé que le fruit d’un mariage concluant des amours ancillaires.

Refus.

J’aime parfois à me dire que de ma famille le plus précieux des héritages fut cette propension à dire NON.

Non, trois lettres pour changer l’ordre d’une vie, pour échapper à l’ennui, pour s’envoler au delà des frontières d’un quotidien réducteur et se passer de permission de survoler la réalité si celle ci ne nous convient pas.

Le prix de ces ailes libératrices qui parfois m’emportent par dessus mers et continents telle Europe enlevée par Zeus et tombant, tiens justement sur l’Hellespont ! Oui le prix peut sembler dérisoire si l’on considère que le refus est un héritage génétique chez nous ou bien trop haut, trop cher payé parfois lorsque le non prononcé arrache la moitié de ses tripes et paralyse le coeur.

Non, je ne ressens aucune arrière pensée en faisant de plus en plus souvent l’inventaire de mes choix de vie matérielle, sentimentale, oh bien sûr erronés ces choix, erronés certes mais jamais regrettés.

La vieillesse et son lot de sages renoncements et concessions NON cela n’est pas pour moi.

Cela ne m’a pas été transmis par cette spirale dansante de l’ADN, cela ne me convient pas plus qu’à mes ancêtres.

Alors OUI à la vitesse infernale avec laquelle les décisions erronées sont prises, OUI à l’impulsif instinct souvent trompeur et OUI à tout ce qui n’est pas à priori conseillé par la logique et sagesse de l’âge.

Mon grand père a transformé son deshéritage familial en longue vie heureuse aux côté de la femme aimée,.

Mon père n’a malheureusement pas eu le temps de profiter du temps paisible faisant suite aux aventures de son jeune âge mais n’a suivi que le bon vent de son inspiration.

Souvent je regarde le portrait au pastel de ma grand mère et me perd dans l’étincelle pleine d’humour et d’amusement qui jaillit de ses yeux bleus qui mieux que n’importe quel réconfort ou consolation après toutes mes errances et échecs, savent remettre en place mes idées flottantes hésitantes et renforcent en moi le sentiment que le mot le plus libérateur existant est NON.

Diana W