Anne P. Mon bureau

Mon bureau

Le mot ordinaire dont on me qualifie ‘’ bureau’’, un espace plane choisi avec soin et amour par ma propriétaire. Je me présente sous la forme d’un plateau épais habillé d’une robe cérusée dans les tons beige et gris se fondant en douceur. Dans mon cœur vient se loger un tiroir, regorgeant des trésors personnels de celle auquel j’appartiens. Également des modes d’emplois divers pour des objets du quotidien, répertoire d’adresses, timbres, crayons…Je repose sur un piétement en métal noir qui s’entrecroise harmonieusement et j’offre une stabilité parfaite.

Que de choses viennent parsemer mon plateau en une harmonisation parfaite. L’objet indispensable, une lampe mettant en relief les veines de mon habit fait de chêne. J’aime les reflets de la lumière balayant ma surface. Un petit coffret en bambou côtoie le luminaire, abritant des objets usuels : gomme, petite calculatrice, une agrafeuse. Accoudés à celui-ci, feutres, crayons, une barquette en bambou reçoit un stylo bille de la même matière.

Tout proche, cet objet que j’affectionne particulièrement, un petit cœur en Labradorite, doux et miroitant, qui a pour vocation de maintenir des papiers et que souvent ‘’elle’’ saisit dans ses mains et caresse doucement.

Quelques chemises en carton ou des documents en vrac, un étui en cuir bleu roi, renfermant des papiers que ma maîtresse consulte fréquemment. Un bloc note trône également, mentionnant : liste des choses à faire. Fréquemment, un téléphone portable vient s’ajouter, lorsqu’elle s’attable dans une proximité qui m’émeut.

Deux éléments encombrants envahissent mon espace, l’ordinateur et l’imprimante. Dès qu’elle s’assied et m’effleure de ses bras, l’ordinateur est ouvert et se met en action et je l’entends pianoter sur les touches du clavier.

Parfois de la musique ou des voix s’échappent de cette machine. Également, l’imprimante s’éclaire et je vois des feuilles blanches s’échapper d’une fente.

Etant adossé au mur, juste à quelques centimètres au-dessus de moi, j’ai une concurrente ‘’une niche’’ que je jalouse. Elle accapare parfois les attentions de ma propriétaire. Sur une tablette trône une sculpture d’un taureau qui semble me narguer. En-dessous, le téléphone objet indispensable du quotidien qui me perce les oreilles par sa sonnerie. Un petit chien en métal, accroupi, détenteur d’un miroir grossissant sur son dos, me regarde fixement et me semble amical. Il parait maintenir quelques papiers sous sa croupe.

Soyons philosophe n’est-ce pas ! J’apprécie la constante prévenance de celle à laquelle j’appartiens, qui multiplie les gestes d’attention et j’aime tant ressentir la caresse de ses bras, s’activant sur le clavier de l’ordinateur, sa main droite reposant sur une petite souris agile qui m’électrise !

Anne prohom75@gmail.com