Diana W - Nomade

Nomade par Destin, par hasard ou par choix, je n’aurais pu avoir un support stable du type table, secrétaire ou lourde coupe de bois précieux faisant office de bureau.

Non.

Mes travaux de fortunes irréguliers et intenses sont griffonnés ou saisis sur mes genoux dans mon lit ou bien sur le coin d’une table au gré de mes déplacements chez moi, chez les autres, sur le guéridon d’un café ou même dans la nature.

J’admire O combien les atmosphères raffinées, ordonnées, esthétiquement harmonieuses et si loin si loin de mon « Chaos chaotique anarchique « et par miracle retombant sur ses pieds de papier et y formant un Tout cohérent ou du moins lisible.

J’aime les mots, j’aime les lettres qui les constituent, j’aime leur malice, la manière qu’ils ont de se substituer à des images confuses pour leur donner une vie nouvelle, un autre éclairage, une sensibilité non préméditée et un sens, le sens de la promenade de mes rêves et de mes réalités.

Alors si mes accessoires sont dépareillés, souvent inefficaces pour raison de manque d’encre ou de bille en état, qu’ils soient beaux ou laids, ma table de travail est à mon image, brouillon, inspirée, habitée de mes pensées, bousculée par mon désir de m’en délester et à l’image de la « movable feast« qu’était Paris pour Hemingway, une magie qui me suit partout où il lui plait de me suivre le décor varie et danse avec l’inspiration, les larmes ou les joies de l’instant.

En cette période d’isolement, je revis les pages de « L’amour en temps du Choléra » de Garcia Marquez et aime à m’imaginer les plaisirs que cette nouvelle façon de communiquer apportera à notre vie, à la votre, à la notre.

Voilà donc un voyage solitaire et en groupe qui commence.

Bon vent à nous tous unis une fois de plus par le souffle de nos énergies.

Mon radeau écritoire saura à nouveau me servir de bouée de sauvetage .

Diana hmdwander@gmail.com