04A-Pascale G-La chambre surprise

La chambre surprise Marc et Sonia ont la trentaine, ils se connaissent depuis trois ans et forment un couple moderne et dynamique. Marc a monté une start-up avec des copains depuis quatre ans et ça marche très bien. Sonia travaille dans les relations publiques chez Air Liquide. Ils habitent dans le 5ème arrondissement de Paris un petit appartement arrangé avec goût mais très dépouillé, pas de bibelots, de choses inutiles, que du fonctionnel. Pour l’instant, ils n’ont pas de projets pour fonder une famille, ils sont très bien tous les deux. Ils vont un peu au concert, au théâtre, au cinéma, voir quelques expositions ; ils voient quelques amis, pas tellement, ils travaillent beaucoup tous les deux et sont heureux de se retrouver tranquilles le soir et pendant les week-ends. Pour fêter l’anniversaire de leur rencontre, Marc décide d’offrir un week-end à Sonia. Ce sera dans le Perche, mais elle ne sait pas où exactement.

On est fin juin, il fait beau et chaud. Le vendredi soir, après leur travail, ils préparent leurs sacs de voyage et les voilà partis en voiture. Au bout de deux heures de route, ils arrivent dans un petit village en lisière d’une forêt. Comme il est un peu tard, ils vont directement dans un restaurant que Marc a réservé. L’accueil est chaleureux, le dîner simple mais excellent. Leur repas terminé, Marc annonce à Sonia que leur chambre n’est pas dans le village mais un peu plus loin, il faut reprendre la voiture pour y aller. Marc n’en dit pas plus à Sonia. Celle-ci n’est pas étonnée puisque là où ils ont dîné, ce n’était ni une auberge, ni un hôtel mais seulement un restaurant de campagne. Ils font quelques kilomètres et pénètrent dans la forêt qui longeait le village avant le dîner.

La nuit est tombée et c’est le noir total. Arrivés dans une clairière, Marc gare la voiture et dit à Sonia :

« Ma chérie, je vais te bander les yeux, car je te réserve une surprise ».

« Ah bon ! » dit Sonia, « mais où allons-nous ? »

« Tu vas voir ! » dit Marc, l’air mystérieux.

Il lui met effectivement un bandeau sur les yeux, l’aide à descendre de la voiture. Il prend les sacs de voyage dans le coffre. Il lui en donne un. Il prend son bras pour la guider. Il met sa torche électrique frontale et ils se mettent en marche.

Heureusement que Sonia est avec Marc, sinon elle serait morte de peur. Elle s’accroche à son bras comme une petite fille.

Ils arrivent à destination au bout de dix minutes de marche et montent un petit escalier bien étroit. Arrivés à un palier, Sonia entend Marc ouvrir une porte avec une clé. Ils entrent et déposent leurs sacs.

« Voilà, nous y sommes, ma chérie ».

Il lui enlève le bandeau… et Sonia, éberluée, découvre qu’ils sont dans un arbre, un chêne centenaire traverse une pièce en bois éclairée par des lanternes. Une grande baie vitrée donne sur des feuillages éclairés de l’extérieur. Un grand lit avec une moustiquaire blanche trône dans la pièce. Au milieu, un canapé crapaud jaune devant une petite table basse ronde avec un joli bouquet de fleurs, une bouteille de champagne dans une glacière et deux flûtes. Les grands rideaux de la baie vitrée sont jaunes ainsi que le dessus-de-lit. A droite du lit, une salle de douche avec tout ce qu’il faut pour la toilette et les commodités. Marc a tout prévu.

Sonia est émerveillée. Pour une surprise, c’est une surprise ! Elle n’avait encore jamais couché dans un arbre en pleine forêt. Elle saute au cou de Marc et l’embrasse tendrement pour le remercier.

Marc débouche la bouteille de champagne et remplit les flûtes.

D’un commun accord, ils ouvrent la baie vitrée pour écouter les bruits de la nuit dans la forêt. Ils entendent des petits craquements de brindilles sèches, une chouette chuinte, puis un grand silence s’installe, aucune feuille ne bouge. Ils ont l’impression d’être seuls au monde et sont persuadés que le temps va s’arrêter. Serrés l’un contre l’autre, ils prennent leurs flûtes, trinquent et boivent leur champagne.

Puis, ils décident d’aller se coucher, ils laissent la baie vitrée ouverte, il ne fait pas froid et ça sent bon la forêt.

Demain matin, ils seront réveillés par le chant des oiseaux et par le soleil filtré à travers les feuilles de chêne.

Ce que Sonia ne sait pas encore, demain matin vers 11H, on leur apportera un bon petit-déjeuner avec un jus d’orange pressée, du pain frais, du beurre salé, un bon café bien chaud et de la confiture de mûres dont Sonia raffole.

Quel bon week-end en perspective ! Merci Marc.

Pascale G